La première journée de Christophe Galtier face à la justice.
Ce vendredi 15 décembre 2023 marque l'ouverture du procès de Christophe Galtier (57 ans) devant le tribunal correctionnel de Nice. L'ancien entraîneur de l'AS Saint-Etienne, du Lille OSC, de l'OGC Nice et du Paris Saint-Germain est jugé pour des chefs de harcèlement moral et de discrimination pour des faits supposés datant de son passage sur le banc de touche des Aiglons lors de la saison 2021-2022.
Le technicien français, qui risque trois ans de prison et une amende de 45.000 euros, est passé à la barre lors de cette première journée d'audience. L'occasion pour lui de répondre à plusieurs accusations avec fermeté et de livrer ses vérités avec son habituel franc-parler. Les principales déclarations du natif de Marseille, qui a laissé échapper des sanglots sur le dossier Jean-Clair Todibo, sont à retrouver ci-dessous.
Ses relations avec Julien Fournier, qui l'a accusé de racisme
"Mes relations avec M. Fournier sont très moyennes. On a eu un accrochage lors du stage de pré-saison. L'effectif est très en deçà de ce qu'on m'avait vendu. Je n'avais pas assez de joueurs. J'attendais tous les jours l'arrivée de ce joueur cadre sur lequel Fournier s'était engagé. J'étais déçu et en colère".
"Comment un pseudo directeur sportif (Julien Fournier), un directeur général, peut sortir un tel mensonge (Ndlr, sur le dossier Jean-Clair Todibo) avec un joueur avec qui j'ai travaillé pendant un mois. (...) J'aurais aimé que Julien Fournier soit ici. Jean-Clair Todibo répète ce que Julien Fournier lui a dit. J'aurais bien aimé qu'il soit là".
Sa gestion du ramadan
"Comme je l'ai fait dans tous les clubs et le groupes que j'ai eu à gérer, la question du jeûne est une problématique. Nous avons ces questions-là au tout début de la saison. Cela n'engendre rien. Mon vécu, en tant qu'adjoint et entraîneur principal est que vous devez anticiper beaucoup de choses".
"Pour que les joueurs de confession puissent être à l'heure à la prière, j'avançais l'horaire de l'entraînement. Je donnais l'autorisation aux joueurs qui souhaitaient aller à la mosquée de ne pas déjeuner".
L'expression King Kong, utilisée pour Michaël Nadé et Harold Moukoudi, deux joueurs de l'ASSE
"Je me souviens j'ai hésité à dire molosse et King Kong. J'ai utilisé ce terme. King Kong, c'est force et puissance. Il n'y a pas de connotation autre que de force et de puissance. Avec beaucoup d'humilité, je peux dire que le jeune Nadé en 2017 à Saint-Etienne, s'il y avait bien une personne qui était bien placé pour parler de sa force... J'ai dû utiliser ce terme. Quand on joue contre Nantes, en finale de Coupe de France, j'ai utilisé la même formule pour Nicolas Pallois. Avec du recul, cela a heurté. Si cela l'a heurté, je dois m'excuser. Oui je l'ai utilisée mais pas dans une optique raciste".
Les accusations de Frédéric Gioria
"Si j'avais tenu ces propos ('Encore un musulman, on en a assez'), cela aurait été raciste. Il a des propos faux et déformés. Quand je suis au restaurant, trois personnes m'interpellent et me font des remarques racistes sur l'équipe. Je n'avais jamais eu ce genre de remarques à Saint-Etienne ou à Lille. Le lendemain matin j'en parle à Gioria. Il me regarde et me dit 'C'est ça Nice'.
"Si j'ai dit 'Atal et Boudaoui sont des sales types, le pire ce sont des Algériens' ? C'est faux. Gioria est sans doute la personne la plus raciste que j'ai rencontrée".
Le cas Jean-Clair Todibo
"Monsieur Gioria m'avait fait part de ce qu'il s'était passé la saison précédente pendant le ramadan. Il me dit : 'c'était le vrai bordel, les joueurs arrivaient en retard, certains dormaient, sur le sol d'autres sur le banc, et notamment Monsieur Todibo'. Je prends acte de cet échange. Je demande à voir Jean-Clair Todibo. Je le reçois dans un bureau et je lui parle donc de comment il allait gérer le jeûne le jour du match. Il me regarde poliment et me fait part du fait qu'il est converti et issu d'une branche très rigouriste, rigoureuse : le salafisme. Il m'indique : 'J'ai un chef (cuisinier) qui s'installe chez moi afin de continuer à être performant'. Et il me confirme qu'il pratiquera le jeûne je jour du match".
"Jean-Clair Todibo, je le compare avec un converti avec une mitraillette ? C'est donc que ce joueur, avec qui j'ai une très bonne relation, vous imaginez un entraîneur qui dit ça dans son bureau en open space et où il y a 8 personnes. Vous imaginez que je dise que le joueur puisse prendre une mitraillette. C'est plus qu'archi faux. Je suis plus que contrarié car la relation avec mes joueurs est celle de père-fils. Et je me retrouve face à un joueur, face à mon joueur, qui s'est fermé car Frédéric Gioria m'a envoyé dans un piège et dans un mur. C'est de la manipulation. C'est terrible de sortir un tel mensonge avec les conséquences que cela peut avoir sur le joueur, qui est une valeur ajoutée à l'OGC Nice, et les conséquences que ça peut avoir sur moi, sur ma femme, et sur mes enfants".
"Comment un pseudo directeur sportif (Julien Fournier), un directeur général, peut sortir un tel mensonge avec un joueur avec qui j'ai travaillé pendant un mois. Si je l'ai vexé en parlant du 9.3, je m'excuse. Etre envoyé par le plus grand raciste, Frédéric Gioria, et me retrouver avec de telles accuastions. J'aurais aimé que Julien Fournier soit ici. Jean-Clair Todibo répète ce que Julien Fournier lui a dit. J'aurais bien aimé qu'il soit là".