Cette semaine, l'ASSE a officialisé la signature d’Eliaquim Mangala et de Joris Gnagnon pour renforcer sa défense. Deux profils différents, mais qui ont un point commun : un parcours cabossé par les soucis physiques. Retour sur les raisons de leur chute libre.
Avec Eliaquim Mangala et Joris Gnagnon, l'AS Saint-Étienne aurait disposé d'une des meilleures charnière centrale de Ligue 1... en 2017. Depuis, la donne a changé pour ces deux colosses. Entre blessures et mise au placard, ils ont eu la vie dure et leur recrutement reste un pari pour une direction stéphanoise en quête de rustine pour sa défense. Mais comment en sont-ils arrivés là ?
Eliaquim Mangala, le genou en vrac
Avec Eliaquim Mangala (30 ans), on parle tout de même d’un joueur qui a été le défenseur le plus cher de l’histoire lors de son transfert depuis Porto vers Manchester City en 2014. 53 millions, c’est ce qu’ont déboursé les Citizens pour s’attacher les services de l’ancien international français. Après des premiers mois mitigés, Mangala se heurte à la philosophie de jeu de Guardiola, qui vient de débarquer à Manchester. Le coach espagnol le juge pas assez technique et ne compte pas sur lui. Le défenseur est donc envoyé en prêt du côté de Valence où il apporte satisfaction avec 33 matchs disputés.
Regonflé pour la saison 2017-18, Eliaquim Mangala est déterminé à s’imposer et parvient à entrer dans la rotation, avant d’être prêté à Everton au mercato hivernal. Un prêt qui tourne court en raison d’une grave blessure au genou pour son deuxième match avec les Toffees et qui l’éloigne des terrains pendant quasiment deux ans. Véritable tournant de sa carrière, cette blessure le condamne à jouer avec la réserve des Citizens avant de retourner du côté de Valence à l’été 2019. “C’est ma première grosse blessure. Je ne savais pas trop comment j’allais revenir, ce qui allait se passer. Les blessures au genou sont toujours compliquées et surtout au niveau du cartilage. Ça a été long, je suis quasiment resté deux ans sans jouer. J’étais aussi dans une situation où j’avais peut-être trouvé un nouveau challenge. Il a fallu beaucoup travailler. Mentalement aussi, il faut s’accrocher”, avait-il confié au journaliste Remi Martins en décembre 2020.
#Gratitud #Amunt #AmuntValencia
— Eliaquim Mangala (@Elia22Mangala) May 26, 2021
1/2 pic.twitter.com/7tUqUTX4XV
En Espagne, Mangala n’est plus le même joueur et ne dispute qu'une poignée de matchs tout en enchaînant les pépins physiques (21 apparitions en deux ans). Non-prolongé par Valence, le défenseur, qui a disputé une Coupe du Monde et un Euro avec les Bleus, se retrouve sans club à seulement 30 ans. Il continue donc de s’entraîner seul jusqu’à ce que l’opportunité Saint-Etienne se présente et lui offre une chance de relancer une carrière à l’arrêt. Au fait de ses problèmes physiques récurrents, les Verts se montrent méfiants et lui font tout de même passer une batterie de tests. “Physiquement, je me sens bien. Je serai très rapidement prêt pour l’objectif qui est de sauver l'ASSE”, a-t-il assuré dans le communiqué publié par Saint-Étienne.
Vert & fier ?
— Eliaquim Mangala (@Elia22Mangala) January 20, 2022
Très heureux de rejoindre ce club historique et d’arriver dans le championnat français ?? #ASSE #AllezLesVerts #Soldat pic.twitter.com/j5SE1qCVAs
Joris Gnagnon, une condition physique qui pose question
Difficile de faire plus frustrante et énigmatique que la jeune carrière de Joris Gnagnon (25 ans). Lors de ses premières saisons chez les pros, le défenseur central est loué pour sa puissance et son impact dans le duel. Rapidement, il s’installe dans la défense rennaise et attire les écuries européennes. Si bien, qu'après trois saisons à Rennes, il s’envole pour l’Espagne, où le Séville FC dépense 13,5 millions d’euros pour l’arracher aux Bretons.
À peine arrivé de l'autre côté des Pyrénées, on comprend rapidement que Gnagnon risque de vivre une expérience compliquée en Andalousie. Après une première sortie ratée contre Getafe, il est poussé sur le banc. La faute à des problèmes de surpoids déjà connus à Rennes, mais qui ne passent guère avec le staff sévillan. Le défenseur ne s’était d’ailleurs pas caché au moment d’évoquer ses problèmes de poids à France Football. “Vous savez que j'avais eu un petit problème au Stade Rennais, avec mon poids que je devais gérer. Je savais très bien que je devais le gérer, sauf que l'on ne m'a pas tout de suite pénalisé. On m'a pénalisé sur la fin. Lorsque je suis arrivé à Séville, ils me l'ont dit tout de suite. Ils m'ont expliqué que je me sentirais mieux sur le terrain, que je serais meilleur. J'ai compris directement”, avait expliqué l’ancien Rennais en janvier 2019.
Après une saison où il ne joue que 16 matchs, le Français est envoyé en prêt à Rennes pour se refaire une santé et cela fonctionne. Mais lors de son retour à Séville tout s’effondre à nouveau, Gnagnon est encore pointé du doigt pour ses soucis de surpoids. Sur l’ensemble de la saison 2020-21, il ne dispute que trente minutes de jeu et le club sévillan décide en septembre dernier de mettre un terme à son contrat alors que celui-ci courait jusqu'en 2024. Le club andalou invoque un manque de professionnalisme ainsi qu’un non-respect des exigences physiques et disciplinaires. Tout comme Mangala, le défenseur de 25 ans se retrouve libre avant de s’engager avec Saint-Étienne. Mais là encore, son état physique fait parler, puisque L’Équipe évoque la possibilité que le natif de Bondy ne soit pas opérationnel avant mars prochain.
✍️? Ce vendredi, ????? ??????? s'est engagé avec l'#ASSE jusqu'à la fin de la saison !
— AS Saint-Étienne (@ASSEofficiel) January 21, 2022
Bienvenue à notre nouveau numéro 2️⃣3️⃣ ?
Dans le communiqué publié par le club stéphanois, Joris Gnagnon n’a d’ailleurs pas hésité à concéder qu’il revient de loin. “Après une période délicate sur le plan personnel, deux challenges se présentent à moi : retrouver mon niveau sur le terrain pour rendre la confiance que les dirigeants m'ont donnée et aider l'ASSE à se maintenir en première division”, a expliqué l’ancien Rennais. Quoi qu’il en soit Saint-Étienne tente donc un vrai pari avec ces deux joueurs qui n’ont plus de références au haut niveau depuis de nombreux mois. Malgré tout, s’ils parviennent à surpasser leurs soucis physiques, l’ASSE pourra compter sur deux défenseurs capables de rendre de fiers services en Ligue 1, mais ça, seul le temps nous le dira.