Bayern Munich - La délicate saison des défenseurs français du Bayern

Par Adrien Cornu
7 min de lecture
Dayot Upamecano et Benjamin Pavard ne réalisent pas une grande saison du côté du Bayern

Dayot Upamecano et Benjamin Pavard ne réalisent pas une grande saison du côté du Bayern

À quelques heures d’affronter le RB Salzbourg en huitièmes de finale de la Ligue des Champions (21h), c’est avec pas mal d’incertitudes sur le plan défensif que le Bayern Munich se déplace en Autriche. Une fragilité qui s’explique notamment par la forme pas vraiment optimale de ses défenseurs français.

Samedi, à la surprise générale, le Bayern Munich s’est totalement écroulé face au promu et onzième de Bundesliga, Bochum (4-2). Pire, dans la Rhur, les Bavarois ont concédé quatre buts en une mi-temps pour la première fois depuis la saison 1975/1976. Symbole des maux que connaît l’animation défensive et les défenseurs français du Bayern depuis plusieurs mois maintenant.

Dayot Upamecano, attention à la concentration 

Arrivé du côté de l’Allianz Arena l’été dernier en provenance de Leipzig dans les valises de son entraîneur Julian Nagelsmann, Dayot Upamecano déçoit depuis le début de la saison. Dans la lignée de ses trois saisons et demi passées dans la Saxe, l’international français est l’auteur d’un nombre bien trop important d’erreurs défensives. Très à l’aise au moment de ressortir le ballon, l’ancien Valenciennois l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit de rester concentré durant la totalité d’une rencontre. Fautif sur trois des quatre buts de Bochum samedi (4-2), le défenseur central de 23 ans a déjà coûté un nombre incalculable de buts au Bayern cette saison. Le 23 janvier, son erreur commise dès son entrée en jeu et débouchant sur un but anecdotique du Herta Berlin (1-4) avait déjà eu le don d’agacer son entraîneur, Julian Nagelsmann. "C'est un but absolument évitable. Pourquoi jouer le ballon directement ? Si je pèse 95 kilos et que je suis très rapide, je dois garder le ballon dans mes pieds encore un ou deux mètres avant de voir ce qu'il se passe. Ce n'est pas comme si nous courions après le score" déclarait alors le technicien allemand. À Bochum, c’est sur une note catastrophique que le natif d’Évreux a laissé sa place à Corentin Tolisso au retour des vestiaires. De quoi susciter l’inquiétude en Allemagne à l’aube de négocier la phase finale d’une Ligue des Champions que le Bayern ambitionne évidemment de remporter. "Une nouvelle fois, il a joué en dessous de son niveau. Le club doit commencer à se poser des questions" martelait l’ancien joueur du Bayern Dieter Hamann sur le plateau de Sky Sport samedi. Face à Salzbourg, son ancien club, Dayot Upamecano devra être impeccable s’il ne veut pas voir son avenir au Bayern remis en question.

Lucas Hernandez, l’orphelin

À une échelle bien moindre que celle de Dayot Upamecano, Lucas Hernandez n’est pas non plus exempt de tous reproches cette saison. Arrivé en provenance de l’Atletico de Madrid en échange de 80M€ à l’été 2018, le champion du monde peine à s’affirmer définitivement comme le patron d’une défense bavaroise orpheline de Mats Hummels, Jérôme Boateng ou encore David Alaba. Excellent lors des deux exercices précédents, le natif de Marseille n’est plus aussi impérial cette saison. Jusqu’à la fin de la saison, il devrait d'ailleurs être cantonné au couloir gauche en l’absence d’un Alphonso Davies victime d’une inflammation cardiaque et arrêté jusqu’à nouvel ordre.

Benjamin Pavard, par défaut

Autre défenseur tricolore de l’effectif bavarois, Benjamin Pavard vit certainement sa dernière saison dans la peau d'un titulaire au Bayern. Correct sans être transcendant, le Français dispose d’un statut de titulaire indiscutable « par défaut » sous les ordres de Julian Nagelsmann. Il faut dire qu’à son poste, la concurrence n’est pas des plus impressionnantes. Après avoir su profiter du replacement de Joshua Kimmich comme milieu défensif à son arrivée en Bavière, l’ancien de Stuttgart bénéficie de l’erreur de casting Bouna Sarr depuis l’été 2020. Arrivé en provenance de l’OM il y a un an et demi, l’international sénégalais n’a jamais convaincu Hans-Dieter Flick et Julian Nagelsamnn de lui donner sa chance. La saison dernière, Hans-Dieter Flick en était même venu à tenter d’utiliser Niklas Süle comme latéral droit. Sans surprise, l’expérience ne s’est pas révélée concluante. De quoi permettre à Benjamin Pavard de ne pas trop s’inquiéter. Cette saison, le défenseur de 25 ans formé au LOSC est devenu le couteau suisse de Julian Nagelsmann, qui apprécie tout de même sa capacité à jouer à droite mais aussi dans l’axe de la défense. Il faut dire qu’à l’heure où le technicien bavarois tente d’aligner en même temps Kingsley Coman, Serge Gnabry, Leroy Sané, Thomas Müller et Robert Lewandowski, les limites offensives du Français sont moins problématiques. Toutefois, il ne serait pas surprenant de voir débarquer au Bayern un latéral droit de très haut niveau l’été prochain.

Tanguy Kouassi, l’oublié

"Tanguy est capable de nous rendre une copie propre, puis d'enchaîner avec une prestation catastrophique. Il y a trop de hauts et de bas et il faut qu'il comprenne qu'il n'a plus 18 ans (il en a 19). On attend davantage de lui. Il n'exploite pas assez son potentiel." Vendredi, en conférence de presse, Julian Nagelsmann n’a pas été tendre à l’encontre de son jeune défenseur central. Au Bayern, tout ne se passe pas comme dans un rêve pour Tanguy Kouassi. Titularisé qu’à une reprise en deux saisons passées en Bundesliga, le jeune défenseur central français de 19 ans est bien loin du statut de réelle alternative dont il disposait à Paris lors de la saison 2019-2020, à seulement 17 ans. Parti libre au Bayern à l’été 2020 dans l’optique de trouver chez le champion d’Allemagne une rigueur propice à sa progression, l’international U19 ne joue pas de l'autre côté du Rhin. S’il est encore très jeune et sera peut-être, qui sait, un pilier de la défense bavaroise dans les années à venir, le titi né à Paris constitue l’exemple même du jeune joueur pour qui quitter son club formateur avant de signer son premier contrat professionnel aura été une erreur.