Arrivé en 2019 au Betis Séville en provenance de l’OL dans l’optique de se relancer, Nabil Fekir s’éclate en Andalousie. Désormais lié au club vert et blanc jusqu’en 2026, l’ancien lyonnais rayonne chez l’actuel troisième de Liga. À 28 ans, il peut même se targuer d’avoir noué une relation particulière avec ses supporters.
"Dès le premier jour, je suis tombé amoureux de ce club, de ses supporters, de cette ville et de ses habitants. J'ai vécu de grands moments ici, mais j'en veux plus." Mercredi, alors qu’il vient de prolonger son contrat jusqu’en 2026, Nabil Fekir annonce la couleur au travers d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux du Betis Séville. En plus de remercier le club et ses supporters pour le chemin déjà parcouru ensemble, l’international français l’assure, son histoire avec les Verdiblancos ne fait que commencer.
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— Real Betis Balompié ?? (@RealBetis) January 12, 2022
Ha dicho sí.@NabilFekir pic.twitter.com/i188ItCRMr
Idolâtré dès son arrivée
À l’été 2019, Nabil Fekir est bien loin de se douter de l’histoire d’amour qu’il s’apprête à vivre en Andalousie. Un an après son transfert avorté à Liverpool, le champion du monde 2018 sort d’une saison mitigée avec l’OL. Étonnement, alors qu’il ne lui reste qu’une année de contrat, les clubs ne se bousculent pas pour s’attacher ses services. À la surprise générale, l’ex-capitaine lyonnais choisit finalement le Betis avec dans un coin de la tête l’idée de se relancer puis d’attirer les plus grandes écuries espagnoles et européennes.
Lors de l’annonce de son transfert, la presse espagnole est dithyrambique à l’idée de le voir rallier la Liga. "Un rêve devenu réalité" et "Un transfert impensable que le Betis a rendu possible" titrent respectivement El Diario de Sevilla et le journal ABC. De son côté, AS s’attelle même à offrir aux supporters verdiblancos un portrait largement mélioratif de l’international français. "La signature de Fekir au Betis est une révolution pour la Liga. Malgré une dernière saison faite de hauts et de bas, le Franco-algérien est l’un des plus grands talents du championnat de France. Nabil Fekir est de ces joueurs qui font lever des tribunes et pour lesquels on achète son billet. Il est sans doute l’un des meilleurs éléments de Ligue 1 de ce siècle, compétition qui a pourtant vu passer Ronaldinho, Giuly, Benzema, Juninho, Hazard, Ousmane Dembélé ou Mbappé" peut-on lire dans les colonnes du quotidien madrilène. De quoi mettre l’eau à la bouche des afficionados du Betis.
Un an et demi en demi-teinte…
Sur la pelouse, Nabil Fekir fait du Nabil Fekir. Étincelant par moments, comme face au Barça et au Real notamment, l’ancien lyonnais est plus frustrant dans les rencontres moins prestigieuses. Pour autant, il n’a besoin que de quelques semaines pour séduire les supporters verdiblancos. "Historiquement, le Betis s'est toujours identifié aux joueurs au-dessus du lot techniquement. Les joueurs artistes comme Joaquín, Cardeñosa dans les années 80. Ici ces joueurs ont toujours plu et c'est pour ça que Fekir a bénéficié de l'affection des gens" confiait le journaliste espagnol Samuel Silva à Eurosport en novembre.
Légende du club, le vétéran Joaquin n’a également besoin que de quelques jours d’entraînement pour tomber sous le charme de son coéquipier. "C’est un joueur différent" déclare-t-il dans une interview accordée à La Liga World quinze jours seulement après l’arrivée du français en Andalousie. S’il brille face aux cadors, rappelant à tout le monde qu’il n’est pas un joueur comme les autres, Nabil Fekir ne parvient pas à hisser le Betis vers les hautes sphères du classement. À sa décharge, sous les ordres de Rubi, c’est toute l’équipe qui semble comme désorientée, jusqu’à terminer la saison 2019-2020 à une triste quinzième place en Liga.
Si un départ est un temps évoqué à l’intersaison 2020, à l’instar de ce qu’avait fait Giovanni Lo Celso un an plus tôt, Nabil Fekir est heureux à Séville et n’a pas l’intention de partir si ce n’est pour rallier un très grand club. Sur le banc du Betis, Rubi a laissé place à Manuel Pellegrini. Pour sa deuxième saison du côté du stade Benito-Villamarin, le Français connaît toujours les mêmes problèmes de constance. Jusqu’à ce que Manuel Pellegrini lui attribue un nouveau rôle aussi libérateur pour lui que bénéfique au Betis.
… avant le déclic
Longtemps trimballé à tous les postes offensifs depuis son arrivée au Betis en 2019, c’est désormais dans une position de deuxième attaquant que Nabil Fekir enchante le stade Benito-Villamarin. "Pellegrini a inventé, entre guillemets, un Fekir à côté de l'attaquant, avec beaucoup plus de liberté et beaucoup plus de projections. Il n'a pas l'obligation de faire jouer l'équipe. Pour ça, il y a des joueurs comme William Carvalho ou Sergio Canales. Il a inventé un Fekir plus décisif, qui se projette vers le but" expliquait également le journaliste espagnol Alejandro Gonzalez à Eurosport en novembre. Déjà primordial aux yeux des supporters du Betis depuis son arrivée, Nabil Fekir a franchi un cap cette saison. Alors que la régularité était jusqu’ici son principal défaut, le numéro 8 vert et blanc est enfin constant sous la tunique de l’actuel troisième de Liga. Désormais parmi les meilleurs joueurs du championnat espagnol, le Français n’a aujourd’hui aucune envie de quitter le navire sévillan.
Pas de départ à l’horizon
"Il a tout pour être heureux au Betis. Les fans l’adorent car c’est quelqu’un de discret, humble, bien intégré à la ville et surtout, il a toujours bien parlé du club dans ses interviews. Jamais Nabil Fekir n’a laissé entendre qu’il pourrait partir comme on a souvent l’habitude de voir" avance Maxi Franco Sanchez, journaliste spécialiste du championnat espagnol pour Foot Mercato. De quoi écarter la perspective d’un départ au terme de la saison ? Certainement, et encore plus si le club andalou parvient à conserver sa place qualificative pour la prochaine Ligue des Champions. "En Espagne, la presse et les gens ne sont pas étonnés qu’il s’inscrive sur la durée au Betis. De l’autre côté des Pyrénées, la vision de ce club-là n’est pas du tout la même qu’en France. C’est un club reconnu pour son travail, qui est taillé pour être européen tous les ans" poursuit le journaliste.
Parfois incompris en France, le choix de Nabil Fékir de rejoindre le Betis s’est finalement affirmé comme une bénédiction pour l’international tricolore de 28 ans. S’il pensait avant tout se servir du club vert et blanc comme d’un tremplin au moment de son arrivée, l’ancien lyonnais a trouvé à Séville un club qui lui convient parfaitement et avec qui il pourrait même retrouver la Ligue des Champions dès la saison prochaine.