Ce mardi en fin de matinée, l'Arabie saoudite s'est offert le premier exploit de cette Coupe du Monde 2022 au Qatar en renversant l'Argentine (1-2, analyse et notes), à l'occasion de la 1ère journée du groupe C. En conférence de presse d'après-match, Hervé Renard (54 ans), le sélectionneur de l'Arabie saoudite, était évidemment aux anges après ce succès de prestige. Dans sa traditionnelle chemise blanche, le technicien français a distribué les bons points à ses joueurs, qu'il a particulièrement secoués à la mi-temps.
"L’Argentine est une super équipe qui était invaincue depuis 36 matches..."
"Je me sens léger. Félicitations à ces fantastiques joueurs, je les félicite tout le temps et j’aime les féliciter. J’ai décidé de rejoindre ce pays il y a trois ans et demi et je dois dire que j'ai un président hors pair, tout le monde nous a toujours soutenu. On n'a jamais eu de pression et je crois que c’est la manière dont on doit travailler dans le foot. Sinon, ça ne marche pas. On s’est très bien préparés, et les astres se sont alignés pour nous. L’Argentine est une super équipe qui était invaincue depuis 36 matches, championne d'Amérique du Sud. Mais c’est le foot. Parfois, c’est fou", a lancé le tacticien, avant de revenir sur sa gueulante poussée à la mi-temps. "Je leur ai dit une chose simple : quand vous êtes une petite équipe, voisin du Qatar, avec beaucoup de fans dans le stade, il y a l'obligation de penser à eux. De penser aux 35 millions de Saoudiens, parce qu’ils attendant quelque chose de toi, quelque chose de différent. Même si aujourd'hui c'était bien, j'espère qu'il y aura encore davantage de fans lors des deux prochains matches pour pousser l'équipe", a ajouté Hervé Renard.
"Une bonne partie des journalistes français ne savaient même pas que l'entraîneur de l'Arabie saoudite était Français"
L'ancien sélectionneur de la Zambie et du Maroc a ensuite pointé les manques affichés par son équipe lors du premier acte, avant de conclure son intervention en adressant une petite pique à une partie de la presse sportive hexagonale. "Je crois que tactiquement, on n'était pas bon en première période. Notre bloc était compact, certes, mais la pression sur les milieux n’était pas suffisante. Si on avait concédé un deuxième but, le match aurait été fini", a-t-il estimé. "Pour finir, ça a été une émotion fantastique et (Ndlr, s'adressant à un journaliste de L'Équipe) contrairement à toi, une bonne partie des journalistes français ne savaient même pas que l'entraîneur de l'Arabie saoudite était Français. Maintenant, il faut garder les pieds sur terre car il nous reste deux matchs très difficiles à jouer contre la Pologne et le Mexique", a conclu Hervé Renard.