La Norvège, l'Allemagne, et maintenant les Pays-Bas... Depuis une semaine, les nations européennes prennent la parole et défendent les droits de l'Homme face à l'organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar.
La FIFA et le Qatar doivent regarder cette trêve internationale du mois de mars avec un certain agacement. En effet, depuis une semaine maintenant, l'organisation du prochain Mondial est pointée du doigt par de nombreux acteurs du foot, alors que les éliminatoires ont débuté dans la zone Europe. La Norvège a ainsi lancé cette vague de protestation en portant un tee-shirt en faveur des droits de l'Homme face à Gibraltar.
Le lendemain, l'Allemagne s'est elle-aussi illustrée avec un message collectif "Human Rights" au moment des hymnes. Mais selon Joshua Kimmich, présent en conférence de presse avant le match face à la Roumanie ce dimanche, les joueurs auraient dû afficher leur mécontentement il y a plus de 10 ans, lorsque la FIFA a annoncé l'attribution du Mondial 2022 (en décembre 2010) au Qatar. "Le Mondial 2022 n'a pas été attribué cette année, mais il y a quelques années. On aurait dû penser au boycott à l'époque. Maintenant, nous devons saisir cette opportunité pour sensibiliser les gens. Mais la question ne concerne pas seulement les footballeurs... Nous devons tous travailler ensemble".
Quelle nation rejoindra la Norvège, l'Allemagne et les Pays-Bas ?
Ce samedi face à la Lettonie, les Pays-Bas ont également pris position, avec un tee-shirt portant la mention : "Football supports CHANGE (Le football soutient le CHANGEMENT)". Et pour Matthijs de Ligt, il était impossible de ne pas manifester : "Nous savons que les ouvriers qui construisent les stades du Mondial 2022 travaillent dans des conditions très difficiles. Nous ne pouvons pas y rester insensibles et ne rien faire. Dans les prochaines semaines, nous travaillerons aussi avec des acteurs et syndicats (de joueurs) d'autres pays pour envisager des actions communes". Même son de cloche pour Memphis Depay, qui attend une action collective : "En tant que footballeurs, notre voix doit être entendue. Ce sera plus efficace via une action collective réunissant plusieurs pays plutôt que d'agir chacun de son côté" a-t-il lâché.
Pour rappel, de nombreux acteurs du football ont ouvert les yeux concernant les conditions de travail au Qatar à la suite des révélations du Guardian. Nos confrères britanniques ont annoncé, en effet, que plus de 6500 travailleurs migrants étaient décédés sur les chantiers de la Coupe du Monde. Un véritable cimetière à ciel ouvert...