Coronavirus - Amiens : sur le terrain comme en dehors, Bodmer privilégie le collectif

Par L.P
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Mathieu Bodmer, le milieu de terrain de l'Amiens SC.

Mathieu Bodmer, le milieu de terrain de l'Amiens SC.

Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien, Mathieu Bodmer, le milieu de terrain de l'Amiens Sporting Club, s'est confié sur la crise sanitaire liée au coronavirus. L'expérimenté joueur s'est également prononcé sur une éventuelle reprise de la Ligue 1.

Engagé personnellement dans la lutte contre le coronavirus, avec une collecte initiée par ses soins qui a déjà récolté plus de 55 000 euros pour le CHU d'Évreux, sa ville natale, Mathieu Bodmer estime que le football n'est à l'heure actuelle pas une priorité. "Ça me paraît secondaire et déplacé. Le football me manque, c'est vrai, mais il y a d'autres choses bien plus prioritaires. Le monde n'a pas besoin du sport et plus particulièrement du football, en ce moment, il a besoin de médecins et d'infirmières. Tant que le pays est en souffrance et déplore autant de décès, je ne vois pas l'intérêt de reprendre", a-t-il estimé avec lucidité sur la situation actuelle.

Le joueur de 37 ans (9 matches en Ligue 1 cette saison, 1 passe décisive) est prêt à faire des efforts sur le plan financier pour permettre à son club de ne pas trop souffrir de cette crise, également économique : "Sans aucun souci. Même en baissant de 50 % mon salaire, je gagnerai toujours plus que la plupart des gens", a-t-il indiqué, et de préciser : "Mais à Amiens, le président Joannin ne le juge pas nécessaire pour l'instant. C'est un club que je respecte beaucoup. Il n'y a jamais de problème. Donc, si demain il nous demande de faire un effort à ce sujet pour le soulager, c'est parce qu'il n'aura pas le choix".

Enfin, le numéro 24 de l'ASC s'est prononcé sur une possible reprise de la saison, qui se ferait à huis clos. Une donnée qui ne l'effraie pas du tout : "Personnellement, ça ne me fait pas peur. C'est notre métier, et on est très bien payé pour le pratiquer", a-t-il rappelé, et de conclure. "Vous croyez, pour en revenir à elles, que certaines femmes de ménage ne préféreraient pas rester chez elles ? Et leur salaire n'a pourtant rien à voir avec le nôtre. Certaines ne touchent même pas le smic. Aujourd’hui, j’ai peur pour tous ces gens au front, engagés corps et âme dans cette guerre sanitaire. Eux sont dans le dur. Pas nous".