De graves incidents ont éclaté entre supporters parisiens et lyonnais, vendredi soir, lors du match Paris FC - OL. Pourquoi la situation a dérapé ? Jean-Michel Aulas évoque la présence d'un groupe d'ultras du PSG qui auraient provoqué les Lyonnais...
La lumière va devoir être faite rapidement sur les incidents ayant opposés des supporters parisiens et lyonnais lors du 32ème de finale de la Coupe de France, vendredi soir. Noël Le Graët, président de la FFF, vient d'annoncer que la commission de discipline de la Fédération devrait se réunir dès lundi prochain pour annoncer de premières mesures. L'Olympique Lyonnais risque gros et pourrait même être exclu de la compétition. La faute à la récidive de ses supporters, déjà impliqués lors du jet de bouteille sur Dimitri Payet lors du match face à l'OM, le 21 novembre dernier - qui a déjà coûté un point de retrait en L1 à l'OL. Mais sont-ils les seuls responsables des débordements ?
Des supporters du PSG étaient-ils présents au stade Charléty ?
Dès l'annonce de l'arrêt définitif du match, Jean-Michel Aulas s'est précipité vers les micros tendus pour affirmer que les responsabilités étaient partagées. Le président de l'OL a d'abord évoqué "des gens" ayant pénétré dans le parcage lyonnais. Avant d'en dire un peu plus : "Si nos supporters sont impliqués, ils seront sanctionnés sévèrement. On me dit que des supporters du PSG étaient là, que les pétards sont venus des supporters parisiens. J'attends de connaître ce qu'il s'est réellement passé".
Plusieurs sources (Canal+, Le Parisien, RMC Sport) confirment les propos du patron lyonnais. Un groupuscule d'ultras du PSG, ayant appartenu au Virage Auteuil, aurait déclenché les hostilités en jetant des pétards. Une version réfutée par Pierre Ferracci, président du Paris FC, qui a exhorté Jean-Michel Aulas à faire "le ménage dans ses supporters". "L’origine des incidents est évidente, même si l’Olympique Lyonnais a déjà dû proposer une version à dormir debout. (...) C'est lui (Jean-Michel Aulas, ndlr.) qui est venu me dire qu'un groupe appelé "Panda" du PSG était venu attaquer les Lyonnais. C'est ce que lui a fait raconter sa responsable sécurité qui écumait les couloirs et les vestiaires en inventant plusieurs histoires différentes", a lancé le président du club de Ligue 2.
Cagoule, ceintures, fumigènes...
Si la responsabilité d'ultras du PSG doit encore être confirmée, ce que tout le monde a vu, ce vendredi soir, ce sont des supporters lyonnais semer le chaos dans une tribune de Charléty, où se trouvait des familles avec des enfants. Encagoulés, ceintures à la main, équipés de fumigènes, alcoolisés pour certains, selon plusieurs témoignages sur place, des individus s'en sont pris avec violence à de simples spectateurs. Il a fallu une charge des CRS pour les faire revenir dans leur parcage, ce qui a ensuite provoqué un mouvement de foule et l'envahissement de terrain par une centaine de personnes.
"Il y a eu des scènes d'une violence incroyable. C'est un problème de police et de l'OL. Je n'ai rien contre Jean-Michel (Aulas) mais il est dans le déni total. Il faut les interdire de stade pendant des années", a ajouté Pierre Ferracci, ce samedi matin, sur l'antenne de RMC. Si des sanctions fortes devraient dont être prises par la FFF envers l'OL, le Paris FC n'est pas non plus à l'abri. La responsabilité du club parisien dans la sécurité pourrait être engagée.
Des problèmes dans la sécurité ?
La paroi en plexiglas qui séparait le parcage lyonnais et la tribune des spectateurs du PFC n'a pas résisté bien longtemps. Les stadiers ont eux été très rapidement dépassés par la situation. "On a fait, nous, tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité de tous. Les images parleront d'elles-mêmes où l'on voit des familles, des enfants se faire agresser par des abrutis encagoulés. L'OL les connaît. Les fumigènes ? Mais ces groupes sont tellement bien organisés que c'est impossible à prévenir. Mais dans cette affaire, nous n'avons vraiment pas de leçons à recevoir", a réagi Pierre Ferracci auprès de L'Equipe.
Là encore, Jean-Michel Aulas n'était pas d'accord avec son homologue parisien : "Les responsabilités sont partagées. Les premiers gestes de violence ne viennent pas des supporters de l’OL. Un stade très ouvert, c’est bien, mais on a vu sur la pelouse des gens qui n’étaient pas Lyonnais. 600 supporters dans un stade qui n’est pas bien configuré, ça peut donner ce genre de déchaînement. Il a suffi à la pause que des gens viennent dans le parcage lyonnais et ça a provoqué cela. S’il faut faire le ménage, on le fera", a lâché JMA.
Comme souvent, tout le monde se rejette la faute dans cette histoire... Mais le foot français s'enfonce lui toujours plus dans la violence à cause de quelques individus qui viennent régler leurs comptes dans les tribunes et priver des milliers d'autres du vrai spectacle sur le terrain.
Bagarre générale lors de #PFCOL ?? Paris FC - Olympique Lyon pic.twitter.com/4e6ow2rTvv
— Nazim (@NazimMokhbi) December 17, 2021