Particulièrement impacté par la crise, mais déjà dans le rouge avant l'expansion de la pandémie de coronavirus en Europe, l'OM s'apprête à dépasser les 100 millions d'euros de déficit.
"L'équilibre financier, la pérennité économique sont désormais des objectifs essentiels de notre deuxième phase du projet", déclarait Jacques-Henri Eyraud à L'Equipe, mercredi. Mais cette "deuxième phase" n'est pas à l'ordre du jour et le déficit de l'OM va bientôt franchir un seuil record. Après avoir atteint 78,5 M€ en 2017-2018, puis 91,4 M€ en 2018-2019, il dépassera les 100 millions d'euros pour l'exercice en cours, d'après La Provence.
Avant le début de la crise, les dirigeants olympiens se préparaient déjà à combler un trou de 70 M€, au moins en partie, grâce à de potentielles ventes générées par le début du mercato estival. Mais celui-ci n'ouvrira pas avant le 30 juin et depuis plus d'un mois, l'OM ne perçoit plus aucune autre recette. En droits TV, si Canal et BeIN persistent à refuser de régler leurs deux derniers versements, le manque à gagner sera estimé à 31 M€. Pour ce qui est de la billetterie, nous avions calculé la perte des pensionnaires du Vélodrome à près de 5 M€.
Eyraud n'arrive pas à réduire les dépenses
Les dépenses, elles, stagnent, puisqu'Eyraud ne parvient pas à réduire le train de vie du club qu'il préside. "78 % de nos collaborateurs sont au chômage partiel", détaille JHE, précisant par ailleurs que "tous les membres du Comex ont spontanément proposé de baisser leur salaire de près de 20 % pour s'aligner sur tous nos collaborateurs en activité partielle". Mais l'économie réalisée grâce au passage au chômage partiel ne représente rien à l'échelle de l'OM et l'ancien patron de Paris Turf n'a pas encore réussi à négocier de nouvelle baisse sur les salaires de ses joueurs, très partagés sur la question.
Dans le même temps, le club marseillais continue d'assumer le coût de fonctionnement du Vélodrome, dont il gère l'exploitation depuis le début d'année dernière. Depuis les Etats-Unis, Frank McCourt aurait récemment réinjecté de l'argent dans les caisses, ce qui tendrait à prouver qu'il ne compte pas vendre son bien dans l'immédiat. Mais il sera intéressant d'observer la réaction de l'homme d'affaires américain à la sortie de cette crise sans précédent.