Hier soir, la France s'est faite éliminer par la Suisse aux tirs aux buts, au terme d'un match fou et riche en rebondissements. Retour sur les choix discutables de Didier Deschamps, en partant du match d'hier bien sûr, mais en revenant aussi au mois de mai et la composition de sa liste...
Le parcours s'arrête la. Hier soir, l'équipe de France a buté sur la Suisse sur son chemin, les Helvétes ayant éliminé les Bleus lors d'une séance de tirs aux buts irrespirable (3-3, 5 t.a.b 4). Mais déjà bien avant le début de la compétition, la liste de Didier Deschamps a fait jaser. En effet, si le retour de Karim Benzema a presque fait l'unanimité en France, certains choix ont été critiqués. Ce sont notamment les cas de Moussa Sissoko, Léo Dubois, Marcus Thuram. Mais DD a voulu garder sa logique de "groupe".
Pourtant, son groupe n'a pas été aussi soudé que d'habitude à l'image des petites embrouilles perceptibles durant cet Euro, à commencer par celle entre Mbappé et Giroud. Face à la presse après France-Bulgarie, le second a reproché au premier de ne pas lui donner de ballons. Une situation qui a amené Mbappé à lui répondre, quelques jours plus tard, en conférence de presse, ce qui a engendré des tensions dans l'effectif avant même le début de la compétition. En plus de celle-ci, Coman, hier, a lui aussi tenu à s'expliquer avec Deschamps qui voulait le sortir car il était blessé en plein mi-temps des prolongations. Mais le Bavarois voulait rester sur le terrain, ce qui a crée des tensions entre lui et le sélectionneur des champions du monde 2018.
Un 3-5-2 qui pose des questions
D'ailleurs, lors de ce match, le système tactique de DD a suscité des interrogations que ce soit chez les joueurs, les observateurs et même les supporters. Le 3-5-2 devait poser des problèmes aux Suisses, mais hier, ce dispositif a posé plus de problèmes aux Français. Le choix de titulariser Lenglet, auteur d'une saison plus que moyenne et auteur d'une prestation très compliquée hier est discutable, mais Deschamps avait son idée en tête.
En plus du choix de Lenglet, les titularisations de Rabiot en piston gauche (lui le milieu relayeur) et de Pavard en piston droit (lui le défenseur central à l'origine) suscitent des interrogations, dans un système où les pistons ont un rôle essentiel. Dubois, qui n'a pas joué une seule minute dans cet Euro, avait même vu Koundé (un autre défenseur central) lui passer devant au poste de latéral droit face au Portugal. On revient donc au choix des 26 dans la liste, et l'absence de joueurs comme Théo Hernandez et Ferland Mendy à gauche ou Nordi Mukiele à droite, tous performants avec leurs clubs.
Une défense perméable
Évidemment, les blessures ont joué dans cet Euro (Dembélé, Hernandez, Digne, Koundé), mais nous pouvons remarquer que peu de joueurs étaient capables de concurrencer les onze titulaires, et de prendre leur place. Notamment en défense, habituellement l'un des points forts de l'équipe de France, devenue perméable lors de cette compétition (6 buts encaissés en 4 matchs). Le fait de ne pas avoir "fermé la boutique" comme l'a déclaré Lloris après la rencontre alors que les Bleus menaient 3-1 illustre cette absence de fermeté derrière. Il y a aussi des changements difficiles à comprendre, comme l'entrée de Sissoko à la place Griezmann dans les toutes dernières minutes du temps réglementaire. Mécontent d'être remplacé, le Barcelonais aurait pourtant pu faire du bien en phases offensives durant les prolongations puisqu'il est sorti avant le troisième but suisse.
Quoiqu'il en soit, il n'y a pas qu'un seul coupable, et il est l'heure de faire le bilan du parcours des Bleus dans cet Euro. Il faudra vite relever la tête, car dans un peu plus d'un an se dispute la Coupe du Monde au Qatar. Reste à savoir quels hommes seront du voyage...