Malgré une équipe qui a su se hisser jusqu'en finale de ce qui était presque son Euro, l'Angleterre a chuté sur la dernière marche qui la séparait du premier titre européen de son Histoire. Gareth Southgate est l'un des principaux coupables de cette défaite. Entre ses choix tactiques limités et son coaching très contestable, il est pointé du doigt après cette déroute à Wembley.
Bien que demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde où elle avait bénéficié d'un tirage avantageux sur les confrontations à élimination directe, l'Angleterre ne figurait pas parmi les principaux favoris de cet Euro. Néanmoins, grâce (encore une fois) à un avantage de tableau mais aussi à des choix tactiques qui s'étaient jusqu'ici avérés payants, les Three Lions sont parvenus jusqu'en finale, chez eux, à Wembley. Ces choix étaient bien souvent portés sur une solide base défensive. En poule déjà, les Anglais ne s'étaient pas montrés à leur avantage offensivement, ne marquant au total que 2 petits buts contre la Croatie et la Tchéquie par l'intermédiaire à chaque fois d'initiatives individuelles de Raheem Sterling. Ce qui faisait la force de cette équipe était ailleurs, plus en arrière. Grâce à des latéraux très rigoureux tactiquement et une charnière Stones-Maguire à toute épreuve, l'Angleterre n'avait pas encaissé le moindre but jusqu'en demi-finale. Trop peu de signes, sûrement, pour que Gareth Southgate ne revoit tous ses plans à l'approche du match face à l'Italie.
Le problème Southgate : d'abord défensif
En rentrant sur la pelouse du stade londonien, les intentions anglaises sont bonnes. Excellentes même. Avec un 3-4-3 emballant permettant aux latéraux de se projeter très haut, les hommes de Southgate trouvent rapidement la faille par une action collectivement parfaite, qui termine au fond des filets par l'intermédiaire d'un Luke Shaw idéalement servi par Trippier. Encore quelques minutes après ce but, l'Angleterre continue de pousser, sans parvenir dorénavant à créer une quelconque différence. Malgré quelques incursions de Luke Shaw notamment, le manque relatif de présence dans la surface fait tâche dans des instants qui se doivent cruciaux, alors qu'Harry Kane doit énormément décrocher. Mais après le premier quart d'heure, on ne voit plus rien si ce n'est une équipe en bloc très bas, laissant le ballon à des Italiens qui n'en demandaient pas tant. D'un 3-4-3, les Three Lions passent à un 5-4-1 où Harry Kane reste seul comme électron libre entre les Italiens, devant deux rideaux denses mais peu mobiles.
Réussissant à produire le jeu qui leur avait déjà profité en poules, les Italiens réhaussent au fil du match leur niveau de jeu, avec un Federico Chiesa bouillant devant, et un Marco Verratti précieux dans l'entrejeu. Les minutes défilent, et rien ne change. Southgate ne démontre aucune ambition, se contentant simplement de conserver le score sur 90 minutes. Mais à la 67ème minute, la muraille britannique craque sur corner après un certain cafouillage offensif conclu par Bonucci. Et si ce ne sont les pauvres entrées en jeu de Saka et Henderson quelques minutes plus tard, toujours aucune remise en question du schéma tactique dans le temps réglementaire.
Un coaching à la fois tardif et trop responsabilisant
Pour voir les premières traces d'un coaching modifiant la tendance de cette équipe, il faut attendre la 99ème minute avec l'entrée en jeu de Jack Grealish. Le formidable meneur de jeu d'Aston Villa n'aura que trop peu fait partie des plans de son sélectionneur dans cet Euro. Et son impact après son entrée sur le terrain en illustre une excellente démonstration. A peine rentre-t-il sur la pelouse que le bloc anglais se réhausse d'un voire de deux crans. Les Anglais possèdent (enfin) le ballon, et Grealish se montre dangereux par des incursions sur tous les flancs de la surface italienne. Il obtient également des fautes permettant aux siens de jouer des coups de pieds arrêtés intéressants. Mais la dynamisation offensive de Grealish ne suffit pas. L'Angleterre manque d'explosivité et de percussion mais ni Rashford ni Sancho ne rentrent alors qu'ils excellent dans ce domaine.
Ce n'est qu'à la 119ème minute qu'ils font leur apparition. Et nouveau chef d'oeuvre de Southgate, il fait sortir Henderson et Walker (deux éléments défensifs) juste avant un corner défensif qui aurait bien pu être fatal aux Three Lions. Se profile une séance de tirs aux buts synonyme de suicide pour Rashford, Sancho et Saka. Les deux premiers, qui n'ont emmagasiné aucune confiance lors de cet Euro, doivent prendre leurs responsabilités dans un moment Ô combien important dans l'Histoire de leur pays. Trop de pression pour des joueurs trop frais, leurs tirs ne rentrent pas. Pour le troisième, il a le sort de tout un pays sur les épaules en tirant le 5ème pénalty, à seulement 19 ans. Frappe arrêtée par Donnarumma. Alors que Sterling sortait d'un Euro complet au même titre que Luke Shaw, pourquoi alors n'ont-ils pas frappé ? La faute encore une fois à Southgate, qui s'en défend auprès d'ITV : "J'ai choisi les tireurs. On a travaillé ça avec eux à l'entraînement. C'était un pari. Nous avons décidé de faire les changements à la fin du match". Le sélectionneur livre alors Saka, Rashford et Sancho en pâture aux tabloïds anglais en sortant de cette finale ratée dont il restera malgré tout le principal fautif.