Girondins - La crise à Bordeaux : Lopez, Petkovic, Koscielny… À qui la faute ?

Par Clovis Canivenc
6 min de lecture
Vladimir Petkovic et les Girondins traversent une énorme tempête

Vladimir Petkovic et les Girondins traversent une énorme tempête

Les Girondins de Bordeaux sont en pleine crise ! Laminés par le Stade Rennais dimanche (6-0, analyse et notes), l’équipe de Vladimir Petkovic est en grand danger et risque la relégation en Ligue 2. Comment le club bordelais en est arrivé là ? À qui la faute ? Et quelles solutions ?

Bordeaux a touché le fond ce dimanche sur la pelouse de Rennes avec une défaite 6-0. Une déroute, un naufrage… Le journal Sud-Ouest parle même de l’humiliation de trop et d’une impression de désolation ce lundi matin. Après le revers historique face à l’OM le week-end dernier, cette défaite est la plus large des Girondins en championnat depuis 1986 ! Avant-dernier de Ligue 1, le club aquitain est au bord du gouffre et risque une relégation comme l’a lâché Enock Kwateng au micro de Prime Video "Si on continue comme ça, c’est clair qu’on fonce tout droit en Ligue 2". 

Une semaine en enfer pour Bordeaux

Cette défaite 6-0 a été la conclusion d’une des pires semaines dans l’histoire des Girondins. Elle avait commencé avec une sacrée gueule de bois suite à la première défaite à domicile depuis 44 ans contre l’OM. Interpellé par ses supporters, le président Gérard Lopez avait tenté de créer un électrochoc en écartant plusieurs cadres, comme Laurent Koscielny, Paul Baysse, Otavio ou encore Samuel Kalu. Au contraire, sa décision a plombé une équipe déjà en plein doute. Aucune révolte, un jeu inexistant, une défense catastrophique - la pire de Ligue 1 avec 50 buts encaissés ! Exit aussi le sponsor Winamax, dont l’humour sur les réseaux sociaux n’a pas été apprécié par les dirigeants notamment après la défaite face à Marseille. Forcément après la claque reçue à Rennes, le site de paris en ligne s’en est donné à cœur joie sur Twitter.

Quelles solutions pour repartir de l'avant ?

À l’image de l’AS Saint-Etienne il y a quelques semaines, les solutions ne sont pas très nombreuses pour les Girondins. La première est le mercato. Alors qu’il reste encore une quinzaine de jours dans cette fenêtre hivernale, Bordeaux cherche deux à trois joueurs, assez logiquement dans le secteur défensif. Mais ce mercato ne suffira pas à rattraper celui de l’été dernier, raté par la direction bordelaise. À l’exception d’Alberth Elis et Timothée Pembélé, les recrues ne donnent pas satisfaction. D’une manière générale, Admar Lopes, le directeur technique du club, n’a pas réussi à construire un effectif cohérent. En témoigne le nombre impressionnant d’avant-centre pour un système de jeu la plupart du temps avec une seule pointe. Concernant les joueurs écartés, s'ils n'étaient visiblement pas la cause de tous les maux bordelais, leur réintégration paraît désormais improbable. Autre point d'attention : l’état physique de l’effectif bordelais après l’épisode Covid-19. 80% du groupe a été touché par le virus et cela pourrait avoir des conséquences sur le long-terme.

La seconde solution est évidemment un limogeage de Vladimir Petkovic. Selon L’Équipe, Gérard Lopez a fait trembler les murs après la défaite à Rennes en visant de nouveau ses joueurs, mais va-t-il également remettre en cause son entraîneur ? Son licenciement aurait un coût très élevé pour les finances exiguës de Bordeaux. L’ancien sélectionneur de la Suisse, sous contrat jusqu’en 2024, touche 200 000 euros brut par mois. Tout en assumant ses responsabilités, il s’est encore montré combatif après le match : "Je n'ai pas réussi à pousser suffisamment les joueurs, à les aider à se libérer de la peur. Nous avons refusé de prendre la responsabilité du jeu et cela a conduit à des erreurs faciles. Cela ne doit plus se reproduire. Mais je suis un combattant, mon signe astrologique c'est le lion, je ne lâche jamais".

Qui pour succéder à Vladimir Petkovic ?

Un argument astrologique qui ne tiendra pas longtemps si son équipe ne redresse pas la barre très rapidement. Les possibles successeurs risquent de se bousculer dans les prochains jours avec les habituels pompiers de service comme René Girard, Frédéric Hantz ou David Guion. Un nom revient également depuis quelques jours : Joao Sacramento. L’ancien adjoint de José Mourinho était déjà évoqué l’été dernier mais Bordeaux lui avait préféré Petkovic.

Même si Gérard Lopez assure que le budget est financé à 100% jusqu’à la fin de la saison, la situation financière des Girondins reste préoccupante. Une descente en Ligue 2 condamnerait probablement le club aquitain au dépôt de bilan. Pour éviter la catastrophe, l'opération sauvetage commencera dès dimanche avec la réception de Strasbourg. Avec 17 points en 21 journées, l’équipe girondine compte le deuxième plus faible total de son histoire après la saison 1959-1960. À l’époque, Bordeaux avait été relégué en Ligue 2…

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