Pour sa 4ème saison au Stade Brestois, Jean-Kévin Duverne est investi d’une mission à quelques semaines de la fin de son contrat : maintenir le club en Ligue 1. Le joueur de 25 ans, capable de jouer à tous les postes en défense, compte bien se battre pour accrocher le maintien avec le SB29 avant de penser à son avenir, à Brest ou ailleurs. Auteur d'une belle saison individuelle, "JK" s’est confié à MadeInFOOT avant un match important contre Clermont ce dimanche, qui pourrait bien valider la place du club dans l’élite la saison prochaine.
MadeInFOOT : Après votre victoire face à Auxerre dimanche (1-0), le maintien va-t-il se jouer sur le prochain match (Brest reçoit Clermont, avant de se déplacer à Marseille et de recevoir Rennes) ?
Jean-Kévin Duverne : Tous les matchs sont hyper importants, que ce soit Rennes, Clermont, Auxerre ou Marseille. Pour nous, ça peut se jouer en deux journées comme à la dernière journée. Il faut grappiller un maximum de points. C’est sûr que gagner contre un concurrent direct, ça facilite la tâche. On va essayer de faire le maximum et mettre les ingrédients pour remporter ces matchs.
Le Stade Francis-Le Blé peut être un atout pour le Stade Brestois dans cette course au maintien.
Franchement, c'est un mini chaudron. Ils sont très bons, ils ont toujours été là depuis le début avec nous, ils nous soutiennent fort. Bien sûr que ça nous aide à domicile. C’est toujours bien de recevoir quand tu joues le maintien. Comme je l’ai dit auparavant, ce sont les ingrédients qu’on va mettre qui vont nous faciliter la tâche pour se maintenir.
Ces dernières années, Brest s’était habitué à valider son maintien beaucoup plus tôt dans la saison. Étais-tu préparé à jouer le maintien jusqu’au bout de la saison cette année ?
On est tous préparés. On sait qu’il faut se donner au maximum car on est Brest et c’est comme ça. L’année dernière, on avait fini 11ème, bien sûr qu’on voulait se rapprocher de cet objectif... Malheureusement, on joue le maintien, c’est le football. On va se donner à fond pour valider cette opération maintien.
Tu t’es fait connaitre en tant que défenseur central en Ligue 1 mais cette saison tu évolues en tant que latéral droit ou latéral gauche. Ta polyvalence a-t-elle toujours été ta marque de fabrique ?
C’est vrai que c’est un peu ma marque de fabrique d’être polyvalent. Je peux jouer dans l’axe, comme sur les côtés, que ce soit à gauche ou à droite. Ça fait deux ans qu’on m’a replacé à gauche, je me suis adapté. À n’importe quel poste, l’important est de donner le maximum et d’avoir de bons résultats avec l’équipe.
Tu es aussi à l’aise à gauche qu’à droite, c’est une qualité rare pour un défenseur et tu aimes pas mal dribbler aussi ! As-tu ce talent depuis petit ?
Depuis petit, j’ai essayé de le travailler on va dire ! On essaie de l’améliorer de jour en jour. C’est vrai qu’il y a un axe de progression sur les centres où il faut que je m’améliore pour mettre mes partenaires dans de bonnes conditions. Avoir un bon ballon, c’est toujours mieux pour marquer (sourire). J’essaie de m’améliorer sur ça, j’espère que ça va payer !
"Se donner à fond pour valider l’opération maintien"
Tu as d’ailleurs débuté ta carrière à des postes offensifs. Comment recule-t-on autant au fil du temps ?
J’ai joué milieu droit et milieu gauche, mais dans des postes offensifs. Et franchement, je me débrouillais pas mal (rires). Ensuite, il y a eu un match quand on était jeune et notre latéral s’est blessé. Je suis passé latéral pour le remplacer et j’ai fait un bon match. Et ensuite le coach m’a mis à ce poste-là, et je me débrouillais pas trop mal ! J’ai eu une grosse blessure quand j’étais jeune, c’était en 2012. Mon ligament du genou allait se rompre, c’était sûr, donc je me suis replacé dans l’axe. On m’a essayé dans l’axe. C’est là que j’ai compris que j’étais polyvalent, que je pouvais m’adapter assez facilement à tous les postes.
Te sens-tu capable de rejouer en attaque aujourd’hui ?
(Rires) Attaquant ? Franchement, je ne sais pas. Pourquoi pas tester ? Non, plus sérieusement, on essaie d’abord de s’améliorer défensivement pour aider l’équipe. S’il faut aider quelque part d’autre, pourquoi pas mais là je suis axé sur l’aspect défensif.
Pour savoir si tu es toujours un attaquant dans l’âme : clean sheet ou but marqué ?
Non non, franchement je veux des clean sheets ! Maintenant, l’objectif c’est de maintenir la cage inviolée. J’ai ce côté défensif maintenant. Après je peux apporter offensivement, bien sûr que je vais essayer d’apporter. Mais ma tâche première, c’est de ne pas prendre de but et d’essayer de concéder le moins d’occasions.
Tu as déjà eu pas mal de responsabilités à Brest puisque tu as porté le brassard de capitaine pendant une saison lorsque tu avais 23 ans (plus jeune de Ligue 1 à cette période). Est-ce naturel pour toi d’être un leader ?
Leader de vestiaire, c’est un grand mot, mais leader sur le terrain oui ! J’étais un assez bon exemple quand j’étais jeune. Comme je faisais des bons matchs, les coachs me mettaient le brassard assez facilement, que ce soit en U17, U19 ou en CFA. J’avais porté le brassard et je l’avais aussi porté avec Lens avec Alain Casanova...
Tu n’as eu que très peu de cartons jaunes cette saison pour un défenseur (2). Es-tu satisfait de cette statistique qui met en avant ta propreté ?
Je ne sais pas si ça met en avant ma propreté, mais j’essaie d’être malin, assez vicieux. Dans le foot, il faut être assez malin et jouer de ça. Il y a les fautes grossières ou les fautes où on joue bien, des fautes tactiques pour casser le jeu et se replacer. Si je dois prendre un carton jaune et que c’est intelligent pour l’équipe, je le ferai !
Quand on se bat pour le maintien toute la saison, comment être prêt mentalement ?
Pour moi, il faut bien aborder ces matchs. Il faut être positif, il ne faut pas être négatif envers toi. Si mentalement tu es faible ou que tu abandonnes, forcément que tu vas rentrer sur le terrain en te disant « merde, ça va être dur ce match ». Il faut se dire : « Qu’est-ce qu’on va mettre dans ce match pour gagner ? » Les consignes, il faut les respecter et tout peut se jouer jusqu’au bout dans le football. Mentalement, je le prends bien. Après c’est vrai que quand tu ne joues pas un maintien, tu es plus serein, tu te lâches plus sur le terrain, tu as moins de pression, tu es plus libéré. C’est vrai que le staff a un rôle à jouer sur ça mais les joueurs aussi. On est sur le terrain, c’est à nous de nous mettre en conditions pour le maintien ! Être prêt pour ça, se préparer pour ça. Mais c’est compliqué !
Est-ce que ton cocon familial te permet d’évacuer toute la pression ?
Quand je sors de l’entraînement ou que je finis un match, je ne pense plus foot à la maison. Les enfants (Jean-Kévin Duverne a 5 enfants, ndlr) me posent beaucoup de questions mais je me mets en mode papa, on essaie d’oublier un peu les choses. Je décompresse beaucoup quand je suis chez moi.
D’ailleurs, comment fait-on pour transporter toute cette grande tribu ? On connait l’image du footballeur avec les voitures de sport, toi c’est plutôt monospace...
Monospace hein ! (Rires) À l’entraînement, des fois je prends le monoplace, des fois ma voiture personnelle. Ça ne me dérange pas moi ! Ça me donne un petit côté naturel. C’est spécial quand tu es jeune et que tu as beaucoup d’enfants ! On me pose surtout des questions sur l’énergie, l’organisation, etc... Je réponds que je suis déjà prêt pour ça. En avoir un, cinq ou dix, c’est pareil (rires) ! Je blague évidemment.
"Je suis arrivé ici pour aider le club à rester en Ligue 1"
Pour toi, une descente serait-elle le plus gros échec de ta carrière ?
C’est sûr que ça me mettrait un coup au moral. Je suis arrivé ici pour aider le club à rester en Ligue 1, et je ferai tout pour qu’il se maintienne tant que je porterai ce maillot.
Quand on est en fin de contrat comme toi, a-t-on encore plus envie de se battre pour sauver le club et sauver sa place en Ligue 1 l’an prochain ?
Quand on a porté le même maillot pendant 4 ans, ton seul objectif c’est de contribuer au sauvetage du club, fin de contrat ou non. J’aime profondément ce club et cette ville, je veux leur rendre ce qu’ils m’ont apporté.
En Ligue 1 ou ailleurs ?
Il y a plusieurs possibilités. On verra ce qu’il se passe à la fin de l’année. Je vais me poser et trouver la meilleure solution.
La Bretagne, ça t’a gagné ?
Oui (rires), il fait bon vivre comme on dit ici !