Ce mardi, tout le club de Canet-en-Roussillon a rendez-vous avec son histoire. Après avoir éliminé l'Olympique de Marseille au quatrième tour, le modeste club de National 2 affronte le Montpellier HSC à Perpignan, dans le cadre des quarts de finale de la Coupe de France. Pour Jean Vercruysse (20 ans), milieu de terrain à Canet, le destin est encore plus fort puisqu'il retrouve son club formateur, qui ne l'a pas conservé cet été. L'occasion pour lui de briller face à ses ex-coéquipiers.
MadeInFOOT : Jean, tu t’apprêtes à retrouver le MHSC. Comment appréhendes-tu ce match particulier ?
Jean Vercruysse : "Je ne l’appréhende pas différemment des autres matchs. Je ne me dis pas que c’est un match particulier parce que c’est comme ça que je me mettrai de mauvaises choses dans la tête. Je suis content de jouer contre Montpellier, forcément, car j’ai passé trois ans là-bas. Du coup c’est bien et puis c’est une bonne équipe de Ligue 1. On a joué contre Marseille donc on avait envie de retoucher à ça. Montpellier, en Ligue 1, c’est une grosse équipe, donc ce sera un beau match."
Tu vas retrouver des anciens coéquipiers comme Joris Chotard. Êtes-vous toujours en contact ?
"Oui, on s’appelle de temps en temps. J’ai passé de bons moments avec lui pendant trois ans. Donc c’est sympa de se retrouver. Je regarde sa saison bien sûr. Comme Montpellier, je regarde leurs matchs et leurs résultats."
Le Canet-en-Roussillon réalise un parcours incroyable en Coupe de France puisque l’équipe a déjà éliminé l’OM au 4ème tour…
On a déjà connu ça mais on respecte beaucoup Montpellier. Ils sont ultra-favoris et ça reste un match compliqué. Déjà contre Marseille, on n’avait pas peur parce qu’à partir du moment où tu as peur dans le football, ça ne marche pas ! Mais on sait que ce sera très compliqué.
Est-ce difficile de faire abstraction de l’exposition d’un tel match face à une Ligue 1 ?
"Forcément on y pense et on sait que le match sera vu… Mais je ne me mets pas de pression supplémentaire. Tu peux avoir envie de surjouer, trop en faire sinon…"
Contre Marseille et Boulogne, tu as été convaincant. On ne dit jamais deux sans trois !
"C’est ça, en tout cas je l’espère… Je ne suis pas dans un esprit de revanche face à Montpellier. Le coach a fait le choix de ne pas me garder, c’est une décision que j’accepte, mais le but sera de faire un bon match pour aider l’équipe et pour qu’on se qualifie !"
Quelles sont les forces de l’équipe ?
"Avec la Coupe de France, on joue des matchs qui nous permettent de développer une solidarité entre nous. Forcément, gagner des matchs comme ça soude un groupe, et vivre des émotions change les mentalités. Déjà de base, on a un groupe de qualité, mais on arrive à ne pas se mettre de pression et on joue plus libérés."
Toutefois, il y a un bémol : l’absence des supporters casse un peu l’ambiance de la Coupe de France…
"Ça aurait été magnifique, surtout quand tu joues à Perpignan. On aurait rempli le stade mais malheureusement on ne peut pas faire avec l’aide du public. C’est un peu regrettable".
La Coupe de France est encore plus importante pour vous puisque le championnat de N2 s’est arrêté au bout de 9 matchs…
"Vu qu’il n’y avait plus de championnat, on s’est raccroché à ça. Ça nous a réussi mais c’est forcément dommage… Pour nous maintenir en forme, il y avait un préparateur physique, il nous préparait des séances individuelles."
Es-tu tout de même satisfait de ta première saison à Canet (8 matchs, 1 but) ?
"Bien sûr, et avec la Coupe de France je suis encore plus content ! C’est important d’avoir réussi à faire un parcours comme ça, sinon ç’aurait été une saison presque blanche. J’aurai eu l’impression de perdre une année. Là ça nous permet de jouer et d’être vu."
Le coach Farid Fouzari s’est fait un petit nom cette saison avec la Coupe. Peut-on le qualifier de meneur d’hommes ?
"C’est un meneur d’hommes oui ! Il arrive bien à nous transcender sur les matchs. Il nous prépare bien au niveau des entraînements. Et pour les matchs, il arrive à chaque fois à trouver les bons mots pour nous mener vers la victoire !"
D’un point de vue personnel, le National 2 est un championnat que tu commences à bien connaître….
"Oui c’est clair. C’est un championnat compliqué, assez physique, et très très indécis. Sur un match, le quinzième peut battre le deuxième par exemple. Tous les matchs sont serrés."
Qu’est-ce que tu attendais en quittant le cocon du MHSC ?
"Ça me fait progresser au niveau du foot mais aussi au niveau de l’homme. J’ai quitté Montpellier et j’ai découvert le monde amateur. Ça fait grandir et ça aide".
Est-ce dur de quitter l’environnement professionnel pour redescendre aux étages inférieurs
"Au début, c’était un peu dur mais à Canet je suis bien tombé. Il y a une structure vraiment pas mal pour un club amateur. Au début, ce n’est pas évident car on a des attentes en professionnels, on espère décrocher un contrat…"
As-tu été déçu par la fin de l’aventure avec Montpellier ?
"J’ai fait quelques entraînements avec le groupe de Michel Der Zakarian. Peut-être trois ou quatre. Mais c’est comme ça, je l’accepte."
Cette saison, tu as reculé de ton poste d’attaquant pour t’installer dans un milieu à 3. Comment s’est passé ce changement de poste ?
"J’ai commencé un peu à jouer au milieu l’an dernier. Le coach a vu en moi que j’avais plus de qualités pour jouer à ce poste-là. J’avais commencé attaquant dans un match de Coupe de France et sur un changement il m’a fait reculer pour 20-25 minutes. Ça a commencé comme ça."
Était-ce dur d’accepter de reculer ?
"Ça ne me dérange pas, je me sens beaucoup mieux au milieu. Je touche beaucoup plus de ballons. Ma formation d’attaquant me sert dans l’entrejeu avec, par exemple, le jeu dos au but. C’était important en jouant en pointe et je le retrouve un peu au milieu. J’ai ce truc là en plus qui m’aide pas mal !"
Quelles sont, selon toi, les qualités primordiales d’un milieu de terrain offensif ?
"Il faut savoir faire des prises de balle vers l’avant et jouer au maximum vers l’avant aussi. La qualité de passe est également importante, comme la qualité de percussion. À part quand il faut conserver le ballon, j’essaie au maximum de jouer vers l’avant et de trouver la passe qui casse une ligne."
Tu peux aussi compter sur Jérémy Posteraro, qui évolue à ton poste aussi, pour t’aider à progresser.
"Bien sûr, c’est important. Il a un très très bon niveau, c’est son poste de prédilection donc il m’aide, il me donne des conseils."
Le coach te laisse-t-il une vraie liberté sur le terrain ?
"Il essaie de nous laisser libre au maximum dans tout le domaine offensif. Il ne veut pas brider ses joueurs. Le coach nous dit de prendre du plaisir à jouer, de ne pas avoir peur et on essaie de le transmettre sur le terrain."
Tes performances cette saison ont tapé dans l’oeil de plusieurs clubs, notamment en National et même en Ligue 2…
"J’essaie de me concentrer sur moi, sur mes matchs, sur mes performances. Après, on verra… Si je suis bon, ça viendra mais ça passera par mes prestations. Je n’y pense pas du tout, je pense à la Coupe de France et on verra ça plus tard."