LDC - 2 800 faux billets ont été scannés au Stade de France

Par Enzo Leanni
4 min de lecture
Le Stade de France, lieu de la finale de Ligue des Champions

Le Stade de France, lieu de la finale de Ligue des Champions

Depuis que les premiers incidents se sont manifestés du côté du Stade de France en marge de la finale de Ligue des Champions samedi soir, le gouvernement français campe sur sa position. Outre-Manche, l'incompréhension et la frustration sont toujours aussi fortes. Des chiffres qui intriguent mêlés à certaines accusations rendent le cocktail explosif.

Ce lundi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin évoquait "une fraude massive, industrielle et organisée de faux billets" dénonçant une nouvelle fois les supporters de Liverpool dans le cadre des incidents survenus au Stade de France pour la finale de Ligue des Champions. "30 000 à 40 000 supporters anglais se sont retrouvés au Stade de France, soit sans billet soit avec des billets falsifiés (...) 70 % de faux billets ont passé le premier filtrage", a-t-il déclaré en conférence de presse. Une première estimation qui a interrogé et fait couler beaucoup d'encre en Angleterre.

DES SUPPORTERS EN NOMBRE

Jamie Carragher et Gary Lineker ont fustigé le ministre de l'Intérieur français sur Twitter symbolisant la colère qu'a suscité cette prise de parole outre-Manche. Pourtant, ce mardi, RMC Sport dévoile que 2 800 faux billets ont été scannés aux portiques du Stade de France, devant les portes accueillant les supporters des Reds. Si le chiffre est bien loin de celui avancé par Gérald Darmanin, mais est tout de même largement supérieur à la moyenne générale où les faux billets ne se comptent que par centaines. "L’UEFA et la FFF ont donc déduit qu’il y avait un volume bien supérieur de faux billets en circulation et qu’une extrapolation jugée crédible d’environ 30 000 personnes sans billet ou avec des faux a été établie", indique le média sportif.

Alors que 22 000 places avaient été allouées aux deux clubs pour accueillir leurs supporters, ce sont près de 60 000 anglais qui se sont rendus dans la capitale française. Pour encadrer la majorité de ceux n'ayant pas de billet, un fan zone d'une capacité de 44 000 places, selon la préfecture de police, a été installée sur le Cours de Vincennes et a été pleine durant toute la rencontre. Dans les colonnes de 20 Minutes, l'instance Football Supporters Europe a évalué son affluence "entre 45 et 50 000".

ON CONTINUE DE SE RENVOYER LA FAUTE

En amont de la finale, les autorités publiques avaient été alertées par les services de renseignement d'un nombre important d'éventuels fraudeurs se rendant à Paris pour tenter d'assister au match. Mercredi 25 mai, une note leur a été adressée selon laquelle "environ 50.000 supporters anglais présents dans la capitale française ne seront pas détenteurs de billets". C'est donc en connaissance de cause que l'événement a été organisé mais s'est révélé incontrôlé.

Le ministère de l'Intérieur reste pourtant campé sur sa position estimant que le dispositif du maintien de l'ordre a été efficace et que la cause des incidents ne viendrait que du côté britannique. C'est ce rejet de la faute qui fait grincer des dents les dirigeants anglais. Tom Werner, le président du Liverpool FC, a d'ailleurs réclamé des excuses au gouvernement français à travers une lettre adressée à Amélie Oudéa-Castera, ministre des Sports, qui fait avec Gérald Darmanin à la polémique. Elle avait notamment accusé le club de laisser ses supporters "dans la nature". Des commentaires irresponsables très mal perçus sur les bords de la Mersey et dans le reste de l'Angleterre.