Ligue 1 - Vincent Labrune raconte les coulisses de l'arrivée du fonds d'investissement CVC

Par Adrien Cornu
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Vincent Labrune, le président de la LFP

Vincent Labrune, le président de la LFP

Ancien président de l'OM devenu patron de la Ligue de Football Professionnel (LFP), Vincent Labrune s'est affirmé comme l'artisan majeur de l'arrivée du fonds d'investissement CVC au capital du football français. Samedi, il revient sur ce deal aux allures de gilet de sauvetage pour les clubs de Ligue 1 dans un entretien accordé à L'Équipe.   

"Avec la défaillance de Mediapro, on a connu un truc de fous. Et si on agrège la faiblesse de nos droits internationaux (90 millions d'euros par an contre 2 milliards d'euros pour la Premier League la saison prochaine...), la crise sanitaire, l'arrêt des Championnats et que l'on ajoute à ça 600 millions d'euros de pertes de droits télévisés par an, il n'y avait plus que deux solutions : soit mettre la tête dans un trou et attendre que ça passe, soit se dire : on avance, on accélère les réformes, et les contraintes on les transforme en opportunités. Le poste de patron de la Ligue, ce n'est pas commenter les scores de la veille, mais anticiper l'avenir. On a accéléré le lancement de cette filiale car on n'avait pas le choix si on voulait éviter la faillite de nos clubs" a-t-il déclaré avant de poursuivre : 

"On s'est lancé dans cette aventure le lendemain du jour où Jaume Roures (le patron de Mediapro) nous a annoncé qu'il n'allait pas nous payer. On s'est lancés à l'aveugle, on s'est bien entourés et on a appris en marchant. Il fallait aligner quatre acteurs qui n'avaient pas forcément les mêmes intérêts : l'Etat, garant du modèle sportif français ; la Fédération, sans laquelle on ne peut rien faire ; les clubs et les investisseurs. C'était le grand steeple-chase de Paris, la plus grande course d'obstacles qui soit. Comment expliquer aux investisseurs que tu perds 1, 8 milliard d'euros en 18 mois ? On a fait le pari de vendre un futur ambitieux pour la L1. D'ailleurs, CVC a baptisé son projet "Renaissance". On a mis en avant les atouts de la France : les performances de l'équipe nationale, l'excellence de la formation, notre position de 6e puissance économique mondiale. Mais aussi la présence d'investisseurs internationaux à Paris, Marseille, Lyon, Nice ou Monaco. Et surtout celle du Qatar en L1 avec une politique ultra-ambitieuse au niveau sportif. Le Qatar n'est ni à Rome, ni à Berlin, ni à Munich, ni à Madrid, mais à Paris. Cela rassure les investisseurs. On a aussi des stars internationales, comme Messi, Neymar Mbappé, Paqueta... Des stades grâce à l'Euro 2016. Et il y a la présence d'Amazon (principal diffuseur du Championnat de France), qui a choisi la France comme socle de son développement en Europe."

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