L'OM ne verra pas Tirana et la finale de la Ligue Europa Conference. Battus 2-3 à l'aller, aux Pays-Bas, les Phocéens n'ont pas réussi à trouver la faille face à une équipe de Feyenoord bien en place défensivement (0-0). Une terrible désillusion pour les Phocéens, qui devront jouer la fin de saison sans Dimitri Payet, blessé et remplacé au bout de 30 minutes.
De la sueur et des larmes, voilà comment les joueurs de l'Olympique de Marseille ont été préparés pour disputer et terminer cette demi-finale retour de Ligue Europa Conférence. Dans un Stade Vélodrome bouillant de 49 000 spectateurs et chauffé à blanc, pour ne pas dire plus, les hommes de Jorge Sampaoli n'ont pas d'autres choix que de l'emporter face au Feyenoord (2-3 à l'aller) pour emmener tout le peuple phocéen à Tirana, lieu de la finale de la petite soeur de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa. Mais face à des Hollandais venus en nombre (plus de 3000), l'OM a mis beaucoup de temps à se mettre en route pour ce qui s'est présenté comme un énorme combat dans l'impact et les contacts.
Alors que les fumigènes ont été craqués par dizaines lors de l'entrée des deux équipes, histoire de rendre la pareille à l'ambiance électrique du Stade de Kuip la semaine passée, les Marseillais n'ont pas profité de l'épaisse fumée pour mettre le Feyenoord dans le brouillard. Il faudra attendre dix bonnes minutes pour la première éclaircie marseillaise signée Payet, sur une frappe déviée par Senesi. Alors que la rencontre gagne en intensité et en vilains gestes, le Réunionnais n'est pas loin de faire vibrer le Stade Vélodrome, qui n'attendra que ça tout au long de la rencontre. À la 21ème minute, Valentin Rongier, sur une belle sortie de balle, décale Amine Harit sur la gauche, qui repique dans l'axe. Le Marocain sert Dieng, qui trouve alors Guendouzi à sa droite. Le milieu décale là son capitaine, qui se remet sur son pied gauche avant d'enrouler au-dessus des cages hollandaises (21ème).
La sortie de Payet, le coup dur pour l'OM
De la sueur et des larmes aussi pour Dimitri Payet. Le leader de l'OM a encore une fois été malchanceux dans une compétition européenne avec son club de coeur. Et lorsqu'il s'écroule par terre à la 30ème minute, après une passe lobée au dessus de la défense, difficile de ne pas penser à sa sortie sur blessure au Parc OL en 2018, en finale de Ligue Europa contre l'Atlético. Acclamé par la foule lors de son remplacement, et épaulé par les membres du staff, le numéro 10 a craqué sur le banc, la tête dans les mains et en pleurs. Alors qu'il va être difficile de le revoir d'ici la fin du championnat, le milieu a laissé sa place à Arkadiusz Milik, qui devait apporter un tout autre profil à l'attaque marseillaise.
En effet, alors que Payet était positionné en faux 9, le Polonais s'est tout de suite mis en lumière avec une déviation de la tête dans la surface, captée par le gardien adverse (34ème). Pour autant, l'OM va très vite sentir l'absence de son capitaine. Bien en place et dominateur avec le ballon, l'OM va laisser petit à petit des opportunités aux Hollandais, pourtant virtuellement qualifiés avec ce score de 0-0. D'ailleurs, sans un sauvetage de la tête de Gerson, le score aurait pu être débloqué.. en faveur des visiteurs. Le poison Sinisterra dévie à peine une passe en profondeur pour servir Dessers, qui file côté gauche. Le serial buteur du Feyenoord, auteur de deux buts à l'aller, temporise avant de trouver Til dans la surface, dont la tentative est déviée par le meilleur joueur de l'OM ces dernières semaines. Un ultime frisson traverse les coursives du Vélodrome dans le temps additionnel, puisque Milik place encore une tête directement dans les gants de Marciano (45+2ème).
Arkadiusz Milik, une histoire de contrôles
Les Marseillais font peut-être une première période trop sérieuse pour débloquer la situation. Alors que le match aller avait rapidement basculé dans l'irrationnel avec des buts précoces et le "tout pour l'attaque" des deux côtés, les hommes de Sampaoli refusent de trop se découvrir pour éviter de se faire punir. Mais à 45 minutes d'une potentielle finale européenne, la deuxième en 4 ans, l'OM se doit d'emballer le match devant des spectateurs qui n'attendent que ça. C'est dans cette logique que Sampaoli procède à son deuxième changement à la mi-temps, avec l'entrée de Pol Lirola pour avaler le couloir droit, à la place de Pape Gueye. Valentin Rongier se décale alors dans l'entrejeu pour compenser la sortie du Sénégalais. Et dès les premières minutes, les Marseillais apparaissent beaucoup plus haut sur le terrain et multiplient les prises de balle vers l'avant.
Sans Payet, c'est clairement Amine Harit qui a les clés de l'animation offensive marseillaise mais Milik, de son côté, n'est pas très inspiré dans le dernier geste. À la 54ème minute, Mattéo Guendouzi trouve le Polonais dans la surface, mais ce dernier rate son contrôle. Même chose dix minutes plus tard, cette fois sur un service d'Harit (63ème). Sous la bronca du Vélodrome, qui l'a pourtant encouragé lors de son entrée, le numéro 9 ne parvient pas à faire la différence. Habitué à prendre la parole pour clamer un temps de jeu plus important et se plaindre de son utilisation par Jorge Sampaoli, notamment à l'aller, l'ancien du Napoli, attendu comme le "grantatakan" de l'OM, a encore une fois déçu dans une rencontre primordiale pour l'OM.
Sur cette deuxième période, le Feyenoord est pour le moment bien muselé mais les Hollandais réveillent leur public à l'heure de jeu. Les duels deviennent encore plus physiques, à l'image du tête à tête houleux entre Gerson et Geertruida (69ème). C'est d'ailleurs à ce moment-là que le Vélodrome décide de s'embraser à nouveau, avec des "Tuez-les" descendus des tribunes. Signe qu'une élimination n'est clairement pas envisagée du côté du Virage sud. Le latéral néerlandais réitère même l'opération quelques minutes plus tard en jouant des coudes avec Mattéo Guendouzi après un contact musclé.
Le Vélodrome n'attendait qu'un but...
Le volcan phocéen n'en demande pas tant pour exploser dans ce dernier quart d'heure. Désireux d'apporter ce supplément d'âme aux joueurs, encore plus face aux coups bas et aux gains de temps incessants des hommes de Arne Slot. Un nouveau tremblement arrive à la 76ème minute, sur une reprise déviée de Pol Lirola dans la surface, qui termine en corner. Gerson, deux minutes plus tard, échoue lui aussi sur un défenseur adverse. Comme dans un ring de boxe, chaque petite provocation apporte encore plus de tensions à cette fin de match haletante. Clairement décousues, les dernières minutes offrent des contres plus qu'intéressants aux Hollandais, mais clairement mal joués. Les attaquants tombent d'abord face au mur Mandanda (90+1ème) puis sur un énorme retour de Kamara dans la surface (90+2ème).
De la sueur et des larmes, l'OM en aura sûrement en se ressassant cette rencontre. Malgré une énorme ambiance, avec -il faut le dire- un virage en moins, les hommes de Jorge Sampaoli n'ont pas apporté assez de folie pour faire tomber les Hollandais. Finalement peu inquiétés, les hommes de Arne Slot ont clairement réussi leur coup et filent donc en finale de la Ligue Europa Conference. Marseille, de son côté, devra relever la tête très vite pour assurer une place en Ligue des Champions par le biais de la Ligue 1, ce qui n'est pas encore fait.
De la sueur et des larmes, c'est finalement une phrase qui colle parfaitement aux Marseillais pour cette saison 2021-2022. Épuisés physiquement et mentalement par la cinquantaine de matchs disputés, les hommes de Sampaoli vont transpirer à grosses gouttes pour ces trois derniers matchs de Ligue 1 et espèrent, cette fois, des pleurs de joies avec une place sur le podium à la J38...
LES NOTES
OM : Mandanda (5) - Rongier (6), Saliba (6), Kamara (5), Peres (6) - Guendouzi (5), Gueye (3) puis Lirola (4), Gerson (7) - Payet (non noté) puis Milik (3), Harit (5), Dieng (3).
FEY : Marciano (6) - Geertruida (6), Trauner (6), Senesi (6), Malacia (4) - Til (5), Aursnes (4), Kökçü (6) - Nelson (5), Dressers (4), Sinisterra (4).