Jeudi soir, l'Allianz Riviera a connu une soirée chaotique avec des affrontements entre supporters de Nice et de Cologne, qui ont engendré des blessures graves pour deux personnes. Cet incident causé par une dizaine de hooligans a donc une nouvelle fois attiré l'attention sur la sécurisation du stade de l'OGC Nice. Dans une conférence de presse qui s'est tenue ce vendredi, au lendemain du match des Aiglons contre Cologne (1-1, analyse et notes), le président du club azuréen a témoigné son ras-le-bol concernant ces graves débordements qui se multiplient. "Notre ministre a tout résumé : il y en a marre. Quand vous vivez ça en direct, c'est terrible. Quand le lendemain matin vous le revivez une deuxième fois en revoyant les images, c'est encore pire. Ce n'est plus possible. Le football est un sport, c'est un jeu. On accueille des familles, des enfants. Ce n'est plus supportable", a expliqué Jean-Pierre Rivère.
La conception de l'Allianz Riviera remise en question
Très critiqué pour la facilité avec laquelle les hooligans ont pu circuler d'une tribune à l'autre, le président niçois a souligné les défaillances de l'Allianz Arena en matière de sécurité et il n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. "C'est depuis l'ouverture du stade qu'on le dit, c'est un constat que je fais depuis le début : on a un stade qui est magnifique, un merveilleux outil, mais qui a une complexité de sécurisation très forte. Avec les incidents contre Marseille l'année dernière, on a eu les filets qu'on demandait depuis des années. Là, ça fait des années qu'on dit qu'on ne peut pas sectoriser. Hormis le parcage visiteurs qui est un peu hermétique, le reste, c'est open bar, on peut circuler comme on veut d'une tribune à l'autre. Si le stade est sectorisé, on sécurise plus les choses. S'il y a plus de stadiers, on sécurise plus [...] Cette sectorisation on en parle depuis longtemps, on nous dit qu'elle n'est pas faisable à cause de la conception du stade" a déclaré le patron de l'OGC Nice, qui a également expliqué que "ce stade est quasiment impossible à sécuriser dans sa conception actuelle".
Afin d'éviter de nouveaux débordements en attendant que la sécurisation de l'Allianz Arena soit refaite, Jean-Pierre Rivère ne s'interdit rien. Quitte à être sanctionné financièrement par l'UEFA. "Déjà, vous avez la question de la vente des billets. On n'a pas le droit, juridiquement, de ne pas vendre de places à certaines personnes. Je ne vous cache pas que je me demande si on ne peut pas interdire les ventes (aux supporters des équipes étrangères), quitte à être sanctionné. Pour les prochains déplacements de supporters, peut-être qu'on ne va pas vendre. On va se faire sanctionner mais... Je ne sais plus comment faire. Ça devient dur. Bien évidemment, je ne critique pas les 8 000 Allemands qui étaient là. Mais il y a des gens qui ont passé la journée à boire. Ils sont partis de la place Massena au stade à pied. Ils ont souillé la ville. On se pose beaucoup de questions [...] Il y a des hooligans ! Ils n'ont rien à faire dans un stade de football ou autour. D'autant qu'on parle de gens qui n'en sont plus à leur première affaire. Ils ne doivent pas approcher d'un stade ! Ce n'est pas un lieu de combat. C'est un lieu de partage et de sport", a martelé le président des Aiglons dans des propos rapportés par L'Équipe.