Manchester City - L'incroyable anecdote de Samir Nasri sur son clash avec Roberto Mancini

Par Julien Castanheira
8 min de lecture
Samir Nasri avec le maillot de Manchester City

Samir Nasri avec le maillot de Manchester City

Samir Nasri a de belles anecdotes à raconter concernant sa longue carrière. En effet, invité de l'émission The Big Five sur Canal+, l'ancien milieu de terrain est revenu sur sa relation très compliquée avec Roberto Mancini, qu'il a eu comme entraîneur à Manchester City (2011-2013). Tout a commencé lors d'un déplacement à Wolverhampton, à quatre journées de la fin du championnat. "Je suis de son côté et il ne fait que parler tout le match. En première mi-temps, je me tourne et je lui dis : ‘Arrête de parler. Je ne suis pas une PlayStation. Si tu n’es pas content, tu me sors et tu fais rentrer quelqu’un d’autre. Mais arrête de me parler!’ La balle vient, il te dit: ‘Contrôle, non dribble, non fais ça’. Hé c’est bon… Donc je lui dis: "Arrête de me parler’."

Après cet accrochage durant le match, la mi-temps arrive et Nasri imagine qu'il va être remplacé. D'ailleurs, il avait préparé un plan pour son entraîneur : lui jeter un crampon. Finalement, rien de tout ça n'est arrivé puisque Nasri a joué la deuxième mi-temps et même marqué. "On rentre au vestiaire à la mi-temps. Je m’étais préparé, j’avais enlevé mes crampons. Il y avait Yaya Touré à côté de moi. Je lui ai dit: ‘Yaya, s’il me parle mal, je lui jette un crampon!’ Parce qu’il avait l’habitude de manquer de respect et de parler mal aux joueurs. Yaya me dit: ‘Mais non, il ne va rien te dire’. Moi je dis: ‘Je vais sortir, c’est sûr. Vu comment je lui ai parlé, c’est sûr que je sors’. Mais le coach ne me dit rien, je reviens en deuxième mi-temps et je marque. On gagne 2-0 et quand je marque je fais quand même un petit signe (il met son doigt sur la bouche, ndlr)’.

Au retour de ce match houleux, Mancini tente d'avoir une explication avec Nasri. "Quand on arrive au centre d’entraînement, je descends les escaliers, il est derrière moi et il me met un coup de pied au cul doucement. Et il me dit: ‘Demain, on discutera’. Je réponds: ‘Ouais, pas de problème’. Je viens le lendemain à l’entraînement. On fait une réunion d’au moins 45 minutes dans son bureau. Il m’explique que si j’ai envie d’être un grand joueur, je dois l’écouter et que si je veux juste être un bon joueur, je continue à faire ce que je fais. Parce que lui connait très bien le football, apparemment mieux que tout le monde. Je ne dis rien, je le laisse parler". 

Mais l'histoire entre les deux hommes est loin d'être terminée. La semaine suivante, alors que les Citizen préparent un match décisif contre Manchester United, Nasri ne supporte pas les consignes de l'Italien à l'entraînement. Il est alors promis au banc de touche. "Mancini me dit de défendre d’une certaine manière et David Platt, son adjoint, me dit de faire autrement. J’écoute David Platt et Mancini commence à me parler. Il m’insulte en italien mais moi je comprends ses insultes. Donc je l’insulte aussi. Il me dit: ‘Sors de l’entraînement’. J’enlève mon chasuble, je le jette et je sors. Je vais dans le vestiaire mais je ne rentre pas chez moi. J’attends parce qu’il faut que je lui parle, c’est trop là". Je vais le voir et je lui dis: ‘Viens on va discuter’. Il me dit: ‘Non, on ne va pas parler. Je suis énervé, tu es énervé, il n’y a rien de bon qui va sortir de cette discussion’. Il n’avait pas tort. Je lui dis: ‘Non, non, tu te lèves et tu viens’. Donc il se lève et il essaye de me prendre par le bras. Je lui enlève son bras et je lui dis: ‘Je ne suis pas Mario (Balotelli) moi’, parce qu’entre eux, c’était normal. On rentre dans le vestiaire, il commence à crier, moi aussi. Je l’insulte de tous les noms. Ces enfants jouaient en réserve et venaient dès fois s’entraîner avec nous. Je lui dis: ‘Tes enfants, je vais les attraper dans le parking’. Je rentre chez moi. Patrick (Vieira) avait un rôle d’ambassadeur au club. Il vient jusqu’à chez moi me voir. Il me dit: ‘Je t’ai dit, ne lui parle pas, il est fou’."

Finalement, malgré ce violent accrochage, Nasri sera titulaire face à United grâce à l'intervention du président du club, Khaldoon Al Mubarak. "Quand je reviens, il y a une mise en place et je suis sur le banc contre United. J’ai une haine… Le président vient d’Abu Dhabi. Il me dit: ‘Alors ça va?’ Et il dit devant Mancini: ‘S’il est en forme, on gagne ce week-end’. Yes (il lève les bras au ciel, ndlr). Sauvé! J’ai réintégré l’équipe". Finalement, les deux hommes ont fait la paix sur une incroyable histoire. "Après United, on joue à Newcastle. On gagne mais je me bloque le cou. On ne se parlait vraiment pas avec le coach donc j’appelle son adjoint et je lui dis: ‘Je vais à Paris voir mon osthéo’. Il me dit: ‘Va voir le coach, c’est bon, faites la paix’. Je lui dis: ‘Non. Je dois prendre un avion'. L’intendant de Mancini m’appelle et me dit: ‘A quelle heure il est ton avion?’ Je lui dis: ‘Demain matin’. Il me dit: ‘Ok, est-ce que le coach peut monter dans l’avion avec toi?’ Je lui dis: ‘Non, il ne monte pas avec moi’. Il me dit: ‘Allez, vas-y. Il veut prendre l’avion, après il va à Milan’. Je dis: ‘Il me donne la moitié de ce que j’ai payé et il monte dans l’avion’. Le lendemain, il est venu. Il m’a donné mes sous. On était assis face à face. Et pendant quarante minutes, il y a eu un blanc, on ne s’est pas dit un mot. Finalement un kiné à fait une blague pour lancer la discussion. Et on a fait la paix."

Au final, les deux hommes ont fini par s'apprécier, Mancini adorant notamment sa franchise. "On a fait une saison après ensemble. Quand il est retourné à l’Inter, il m’a appelé. Quand il est allé au Zénith, il a encore essayé de m’appeler. Oui parce qu’à la fin de la saison avec City, beaucoup de joueurs sont allés voir la direction pour se plaindre de lui. Et moi je lui ai dit les choses en face. Quand la direction est venue, j’ai dit que je n’avais aucun problème avec lui. Il a aimé et il m’a dit qu’il préférait les gens honnêtes à ceux qui sont fourbes. Et depuis ce jour-là, on s’est toujours bien entendus. Nickel."