Le défenseur gauche de l'AS Saint-Étienne Niels Nkounkou admet être déçu que son club ait bloqué son transfert vers l'Eintracht Francfort dans une interview pour le journal L'Équipe.
Après avoir passé 6 mois avec l'AS Saint-Étienne, Niels Nkounkou s'est largement imposé dans l'effectif stéphanois. En début de mercato, les Verts ont même levé l'option d'achat pour le joueur et ont dans la foulée reçu plusieurs offres le concernant. Et c'est l'Eintracht Francfort qui semblait être très avancé dans le dossier, jusqu'à ce que l'ASSE bloque le transfert du joueur de 22 ans vers le club allemand.
Néanmoins, de son côté, l'Espoir international français (3 matchs joués) n'a pas forcément apprécié la décision de ses dirigeants et de son club. Dans une interview accordée à L'Équipe, il n'a pas manqué de faire savoir que la situation actuelle ne le pousse pas à vouloir continuer au club. "Je viens seulement de reprendre l'entraînement. J'ai fait une séance avec le groupe le matin et des tests VMA l'après-midi. J'avais des vacances parce que j'ai joué l'Euro Espoirs et disons que, vu la situation, je n'avais pas vraiment envie de les écourter", a-t-il d'abord indiqué. Ainsi, le jeune Français fait tout de suite savoir que les relations sont électriques et que sa motivation est loin d'être au plus haut.
Ensuite, l'ancien joueur d'Everton s'est confié à propos de son transfert avorté à Francfort. "Quand j'ai été mis au courant de la possibilité de signer là-bas, j'ai tout de suite donné mon accord. Maintenant, il faut régler ma situation avec Saint-Étienne qui est compliquée.", a-t-il expliqué avant d'ajouter un commentaire sur les promesses faites lors de son arrivée en prêt. "Quand je suis arrivé à Saint-Étienne, cet hiver, les choses étaient pourtant très claires avec les dirigeants. Je venais pour six mois en prêt. Everton a voulu imposer une option d'achat, mais Saint-Étienne ne la demandait pas à la base, surtout vu la situation et le maintien en Ligue 2 qui n'était pas encore acquis. Finalement, Everton a insisté et l'option d'achat a été incluse, mais on avait décidé de ne pas en parler.", a annoncé le latéral gauche. La levée de son option d'achat aurait donc été vécue comme un premier "coup de poignard" de la part de ses dirigeants.
"J'étais surpris et pas vraiment ravi"
À propos de cette option d'achat, le Français a aussi décrit sa réaction lorsqu'il a appris que celle-ci était levée. "Un jour, en avril, les dirigeants sont venus me dire qu'ils l'activaient. J'étais surpris et pas vraiment ravi. Mais comme la saison était encore en cours, j'ai décidé de jouer le jeu jusqu'au bout. On va dire que j'ai été un bon Stéphanois.", s'est confié le joueur formé au Stade Brestois avant d'en rajouter une couche sur les promesses faites lors de sa signature à la mi-saison. "Non, pas vraiment. J'ai été pro jusqu'au bout de la saison. Je me suis donné à 100 % pour aider le club à se sauver et pour me relancer mais, encore une fois, je venais pour six mois, c'est tout. C'est sur cette base que l'on m'a fait venir. On n'avait jamais parlé d'autre chose avant que je n'arrive pour signer mon contrat.", a-t-il ajouté. Cette signature à long terme et l'engageant au club jusqu'en 2026 l'aurait donc réellement déçu.
Questionné sur le manque de reconnaissance envers son club dont il pourrait être accusé, l'interviewé s'est défendu dans les lignes de L'Équipe. "Pas du tout, parce que le deal était gagnant-gagnant pour tout le monde. On est arrivés avec plusieurs joueurs pour l'opération maintien. Pour certains, c'était du long terme, pour moi, c'était mission commando. Le club m'a permis d'accéder à l'équipe de France Espoirs, c'est vrai. Mais je n'ai menti à personne. Et aujourd'hui, je peux aussi rapporter une belle indemnité au club.", a-t-il annoncé. Mais cela sera-t-il suffisant pour que l'ASSE décide de le laisser partir, rien n'est moins sûr.
"S'il faut leur dire tous les jours que je veux partir, je le ferai"
Le jeune joueur passé par l'OM anticipe aussi le fait que l'on souligne un "caprice" de sa part et se défend avant que certains puissent l'en accuser. "Ils (les dirigeants, ndlr) savent très bien ce que je pense. Je l'ai déjà dit à la dernière journée de Championnat et de nombreuses fois depuis. J'ai l'ambition de jouer en première division, je pense que c'est normal pour tout joueur de le vouloir. Depuis que je suis revenu, je n'ai vu que le coach. Je l'ai mis au courant de la situation, il ne l'était visiblement pas. Il connaît maintenant mes intentions. J'aurais compris que l'on me bloque si je m'étais engagé sur du long terme et que j'essayais de partir au bout de six mois. Ce n'est pas le cas et ça change tout. Je ne suis pas un footballeur qui fait un caprice pour aller plus haut. Je souhaite juste que l'on respecte ce que l'on m'a dit pour me convaincre de signer. Alors merci aux dirigeants et aux supporters, et si je peux aider Saint-Étienne à monter grâce à mon transfert, j'en serais le premier ravi.", s'est défendu le Français, montrant tout de même un semblant de bonne volonté. En effet, l'offre de Francfort (6 M€) s'élevait presque au triple du prix pour lequel il a été acheté (2 M€) cet été.
Enfin et pour conclure son interview, le Stéphanois a mis des mots sur sa détermination à quitter le club. "S'il faut leur dire tous les jours que je veux partir, je le ferai. Je ne me lasserai pas. Maintenant, garder un joueur contre son gré, je crois que ce n'est pas la bonne solution. J'espère sincèrement que la situation se débloque vite parce que je me prends la tête tous les jours avec cette histoire plutôt que de me concentrer sur mon football.", a mis en garde le joueur de 22 ans. Les relations entre Niels Nkounkou et sa direction semblent donc être au plus bas et cela ne devrait pas aller en s'améliorant. Alors l'ASSE changera-t-elle d'avis dans les prochains jours ou les prochaines semaines ? Ou alors forcera-t-elle le joueur à rester ? Affaire à suivre.