Le Paris Saint-Germain devrait prochainement mettre la main sur Lucas Hernandez. Le défenseur du Bayern Munich, en fin de contrat dans un an, représenterait un renfort de poids au sein de l’effectif parisien, même si sa fragilité physique pose question. Alors, Paris a-t-il tout à gagner dans cette opération ?
Une expérience notable
Lucas Hernandez au Bayern Munich, c’est quatre Bundesliga (2019-2020, 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023), une Coupe d’Allemagne (2019-2020), une Coupe du Monde des Clubs (2020), mais aussi 107 matchs joués depuis son arrivée au sein du club bavarois en 2019 (2 buts et 8 passes décisives). Ses rencontres disputées en Ligue des Champions (39 avec le Bayern et l’Atlético Madrid) ne peuvent être qu’une aide pour le PSG.
Sa Coupe du Monde remportée en 2018, dans laquelle il avait excellé en tant que latéral gauche, complète un palmarès bien fourni et une expérience appréciable. Avec l’Equipe de France, il compte tout de même 33 sélections, depuis sa première cape en mars 2018. Elément fiable des Bleus, il est parvenu à devancer Benjamin Mendy lors du Mondial, alors qu’il ne connaissait qu’une convocation.
Une polyvalence nécessaire
Si Lucas Hernandez est autant apprécié par les observateurs, c’est grâce à sa polyvalence. Formé en défense centrale, le joueur de 27 ans a développé d’incroyables qualités en tant que latéral gauche. Se portant volontiers vers l’avant, le Français dispose d’une qualité de centres louable et d’une capacité à répéter les efforts assez remarquable.
A ses débuts avec les jeunes de l’Atlético Madrid, Lucas Hernandez évoluait dans l’axe de la défense. Il a commencé à jouer sur un côté en 2014-2015, sous les ordres du sélectionneur des U19 français de l’époque, Patrick Gonfalone.
Effectuant ses premiers pas au sein du groupe professionnel de l’Atlético en 2015-2016, Hernandez alterne entre le poste de défenseur central et latéral gauche. "Pour moi, il est plus axial. Il peut devenir un grand central dans une défense à trois. Il a une bonne sortie de balle, il est rapide, il sert très bien son vis-à-vis. Il est amené à devenir l’un des meilleurs défenseurs axiaux d’Europe", expliquait Giovanni Simeone en décembre 2017 pour Le Magazine L'Equipe.
De son côté, le joueur avait confié en conférence de presse que jouer dans un couloir ne le dérangeait pas plus que cela : "c'est totalement différent du poste de central. Les efforts sont plus intenses à gauche. Je me sens bien dans les deux postes. Si je dois débuter à gauche je sais ce que je dois faire. Si je dois finir dans l'axe, je sais quoi faire. Je connais les deux postes à la perfection et je suis habitué à y jouer."
Depuis son arrivée au Bayern, il a régulièrement été aligné dans l’axe de la défense, notamment avec la défense à trois, qu’instaurait Julian Nagelsmann, et à cause de la concurrence à gauche avec l’éclosion d’Alphonso Davies. En 4 ans, il a joué à 31 reprises en tant que latéral gauche, contre 63 dans la charnière centrale. A noter qu’avec l’Atlético Madrid, il avait dépanné en tant qu’arrière droit pendant deux rencontres.
Une fragilité physique inquiétante
Malgré ces jolis chiffres, Lucas Hernandez fait face à de récentes blessures, et pas des moindres. Cette saison, il a manqué 219 jours de compétition, à cause d’une rupture des ligaments croisés, le privant notamment de la Coupe du Monde. Cette blessure, survenue fin novembre, intervient un mois après un déchirure musculaire, l’immobilisant pendant 47 jours. Il avait manqué 14 matchs (figure du ligament intraarticulaire de la cheville) en 2019-2020 ou encore une blessure du ligament interne et du genou lors de la saison 2018-2019.
Touché au ménisque et absent pendant deux mois (juin-août 2021), le natif de Marseille a connu quelques pépins, dont une blessure à la cuisse, une contusion thoracique ou encore une irritation du tendon. Sa fragilité a interpellé de nombreux supporters, qui s’imaginent le pire avec Lucas Hernandez. Ils se remémorent les derniers soucis physiques de Neymar ou de Nuno Mendes.
Quel rôle, quel poste et quelle concurrence ?
Une fois la signature de Lucas Hernandez officialisée et un état physique plus stable, il faudra se demander où jouera l’international français. En défense centrale, Marquinhos devrait occuper l’axe droit dans le 4-3-3 de Luis Enrique. A gauche, trois candidats postulent : Presnel Kimpembe, Milan Skriniar (ce n’est pas encore officiel) et donc Lucas Hernandez, si sa venue est confirmée. Cependant, le premier ne reviendra pas avant la période automnale, voire hivernale, le second se remet petit à petit d’une blessure au dos, et le troisième n’a plus joué depuis février. Même si Danilo Pereira est une option de dépannage, lui qui est formé au poste de sentinelle, Luis Enrique devra faire un choix parmi ces trois joueurs, à condition qu’ils soient remis de leur problème physique.
Lucas Hernandez peut aussi être une option à gauche, où Nuno Mendes chancelle entre ses performances et ses blessures. L’international portugais n’a, par ailleurs, pas pu terminer la saison à cause d’une blessure à l’ischio. Derrière le jeune parisien, figure Juan Bernat, souvent irréprochable mais moins sexy qu’un Lucas Hernandez. Il faudra voir comment Luis Enrique compte utiliser l’ancien défenseur de l’Atlético Madrid.
Né à Marseille, une vraie différence ?
Le message a fait parler, hier soir sur les réseaux sociaux. Romain Mabille, le président du Collectif Ultras Paris, un groupe de supporters, a souhaité la bienvenue de manière ironique à Hernandez, sur sa story Instagram. « T’es pas le bienvenu le marseillais, et on te le fera savoir ? », a lancé l’ultra parisien.
Reste à savoir quel accueil réservera le public du Parc des Princes au natif de Marseille, qui avait fait part de son amour pour l’Olympique de Marseille lors de récentes interviews. "C’est surtout ma famille qui est supportrice de l’OM, et mon père y jouait. Mais j’ai grandi avec l’OM dans le cœur", confiait-il en mars dernier dans une interview en mars dernier pour Ouest-France.