Arrivé en 2017 au MHSC pour renforcer la défense centrale, Pedro Mendes a été écarté des terrains pendant onze mois afin de soigner une rupture des ligaments croisés du genou. Avant son retour face au Stade Brestois ce samedi, le Lusitanien, remis sur pieds, est revenu sur les coulisses de la descente aux enfers qu’il a vécu dès le début de sa rééducation au micro de France Bleu Hérault.
"Quelles épreuves ai-je dû traverser ? Quand les croisés se confirment, tout s'effondre, tu pleures. Après, tu passes un cap. Il n'y a plus de larmes. Tu te dis que tu vas revenir plus fort. Mais ça, ce n'est pas vrai. Pour moi, en tout cas, c'est du cliché, car tu perds la notion du terrain, de l'espace. Je peux vous dire que j'ai touché le fond et que j'ai pleuré pas mal de fois. Tu te dis : est-ce que je vais revenir comme avant ? Qu'est-ce que je peux faire de plus ? Et tu commences à douter. Après cela fait partie du métier. Dans la vie, il y a des moments comme ça, que ce soit pour une footballeur, un pompier, un policier, un avocat. Il y a des hauts et des bas. C'est d'ailleurs là que tu vois qui est à côté de toi. Ta famille et tes proches. Ceux qui t’aiment. Quand tu te blesses, tu reçois des messages, bien sûr. Mais c'est bien beau. Durant le processus, qui est à côté de toi ? Qui se renseigne ? Qui demande si le moral va bien. C'est bien beau un petit post quand tu te blesses, mais pendant l'année, qui te passe un coup de fil ? Tes amis et tes proches, uniquement. Il faut passer par là pour voir qui est vraiment à côté de vous. Comment envisager la suite ? Si je reviens et que cela se passe bien, tout le monde reviendra près de moi. On me demandera de nouveau des places, des maillots. Mais c'est vrai que pendant ma rééducation, il m'est arrivé de participer à des dédicaces. Et j'entendais des supporters qui se demandaient qui j'étais : "comment il s'appelle ?" Pourtant, ça fait des années que je suis au club, j'ai été titulaire. Mais personne ne se souvient de toi. Ils ont oublié. Le foot, c'est l'instant présent. Ce que tu as fait par le passé, ça s’oublie" a-t-il dévoilé, brisant ainsi le tabou qui entoure les séquelles psychologiques dues à une blessure chez un joueur de football.