OGC Nice - Melvin Bard, un nouveau prince sur la Côte d'Azur

Par Adrien Cornu
7 min de lecture
Samedi, Melvin Bard a inscrit son premier but en Ligue 1 face à Brest

Samedi, Melvin Bard a inscrit son premier but en Ligue 1 face à Brest

Arrivé de l’OL à l’intersaison en échange de 3M€, Melvin Bard crève l’écran en ce début de saison. Le jeune latéral gauche est en train de devenir un rouage essentiel de l’organisation de Christophe Galtier à Nice et montre chaque week-end que l’OL aurait été bien inspiré de ne pas s’en séparer. 

Samedi 2 octobre, alors que l’Allianz Riviera retrouve son public pour la première fois depuis les tristes incidents survenus face à l’OM le 22 août dernier, un homme se charge de faire le spectacle. A l’origine du premier but de Jean-Clair Todibo puis lui-même buteur pour le 2-0, Melvin Bard s’est tout particulièrement illustré, confirmant un début de saison de très grande qualité. 

Mauvais concours de circonstances

Comme son partenaire et ami Amine Gouiri, Melvin Bard aurait rêvé de s’imposer chez lui, à Lyon. Natif d’Écully, une commune du Nord-Ouest lyonnais, Melvin Bard connaît pendant de nombreuses années une trajectoire assez commune chez les gamins de sa région. À l’âge de 16 ans, au-dessus du lot dans son club du Domtac FC, le gamin attire l’œil de l’OL. Quelques mois plus tard, il rejoint l’Académie OL située à Meyzieu et fait petit à petit sa place au sein d’une génération 2000 exceptionnelle. Entre les Amine Gouiri, Maxence Caqueret et autres Pierre Kalulu, le latéral gauche progresse à vitesse grand V, jusqu’à devenir l’un des piliers des U19 d’Éric Hély. Très bon en Youth League, le petit blond vénitien toque déjà à la porte des professionnels, à 18 ans. En 2019, l’arrivée de Sylvinho est un premier déclic. Dès ses premières séances, le technicien brésilien apprécie beaucoup Melvin Bard, se voyant en lui au même âge. Il faut dire qu’à l’entraînement, dans la lignée de ce qu’il faisait chez les jeunes, le garçon d’1m73 se donne à fond et met un engagement impressionnant. Malheureusement, Melvin Bard n’a pas le temps de faire son apparition dans le groupe d’un match de Ligue 1 que Sylvinho est débarqué après neuf journées au lendemain d’une terrible défaite dans le derby (1-0).  

Avec son remplaçant Rudi Garcia, la relation est toute autre. À son arrivée entre Rhône et Saône, l’ancien entraîneur de la Roma annonce, en bon politicien qu’il est, compter beaucoup sur le formidable réservoir qu’est le centre de formation rhodanien. Pour son premier match sur le banc du Groupama Stadium, face à Dijon, il lance même le tout jeune Rayan Cherki. Réclamé par le public lyonnais depuis quelques mois, le gamin de 16 ans vit un rêve mais ne se doute pas encore qu’il n’aura jamais réellement sa chance. Avec Melvin Bard en revanche, Rudi Garcia ne perd pas le temps de faire semblant. Privé de Youssouf Koné, il décide de repositionner Maxwel Cornet à un poste inédit. Le signal envoyé au joueur de 19 ans est terrible. En deux saisons passées sous les ordres de l’ancien du Mans, du LOSC ou de l’OM, le jeune lyonnais n’a droit qu’à 5 petites titularisations à un poste où la concurrence est pourtant loin d’être effrayante. 

Finalement, en juillet 2021, alors que l’OL a en besoin de liquidités suite à sa non-qualification pour la Ligue des Champions, Melvin Bard est cédé à l’OGC Nice en échange de trois petits millions d’euros. Tout juste arrivé dans la capitale des Gaules, Peter Bosz n’a pas son mot à dire sur l’opération. 

Pierre angulaire du système de Christophe Galtier 

Au moment de son départ, les réactions vont bon train sur les réseaux sociaux. Tandis qu’une partie des supporters lyonnais déplorent le départ d’une nouvelle pépite issue du centre de formation, chez d’autres, cela n’est pas un problème. Pourtant, à son arrivée sur la Côte d’Azur, Melvin Bard met tout le monde d’accord. Initialement parti pour être la doublure du très performant Hassane Kamara, le joueur de 20 ans est titulaire dès le deuxième match de Ligue 1 face à Lille. Il n’a plus quitté le onze depuis, s’affirmant même comme l’une des pièces maîtresses du dispositif de Christophe Galtier.

« Équilibre », tel est le mot d’ordre de l’ancien entraîneur de l’ASSE et du LOSC. Si vous écoutez ou lisez les interviews données par ce dernier, vous relèverez forcément ce terme. À Nice, Christophe Galtier a trouvé en Melvin Bard l’un des garants de sa philosophie. Très complet, le jeune niçois ne fait pas de vagues mais est capable de tout faire bien. Le match face à Brest en est une nouvelle illustration. Sur son côté gauche, l’international espoir est autant capable de très bien défendre que de se montrer décisif dans les trente mètres adverses. Au sein de la meilleure défense de Ligue 1, l’ancien lyonnais brille également par son intelligence tactique et sa faculté à s’adapter aux différentes situations se présentant au sein d’un même match. Face à Brest, il n’a pas été rare de le voir d’insérer aux côtés de Mario Lemina et Pablo Rosario dans le milieu de terrain ou même de former, le temps de quelques séquences, une défense à trois avec Dante et Jean-Clair Todibo afin de laisser à Hassane Kamara et Jordan Lotomba une totale liberté dans leurs couloirs respectifs. Homme du match au final, Melvin Bard a signé face aux joueurs de Michel Der Zakarian une prestation dans la lignée de ses dernières sorties. Il paraît même que cette nuit, certains supporters rhodaniens ont fait des cauchemars de sa reprise de la tête sur un centre parfait d’Amine Gouiri.