PSG (F) - Haine, profonde jalousie, agression commanditée sur Kheira Hamraoui... Les révélations noires et troublantes sur Aminata Diallo

Par Julien Castanheira
8 min de lecture
Aminata Diallo avec Kheira Hamraoui

Aminata Diallo avec Kheira Hamraoui

Voilà de troublantes révélations faites par le journal Le Parisien ce mardi, au cours d'une double page consacrée à Aminata Diallo dans l'agression de Kheira Hamraoui. Le média régional a eu accès au rapport des policiers de la Brigade de répression du banditisme de la police judiciaire de Versailles pour expliquer, en détails, ce soir du 4 novembre 2021. Un rapport édifiant et très bien détaillé de 37 pages, où Diallo est présentée avec une "lente dérive psychologique devenue pour ainsi dire pathologique" par les policiers. 

Clairement, cette agression aurait été commanditée en raison d'une haine sur fond de rivalité sportive et d'ambitions contrariées. D'autant plus que Diallo arrive à un tournant de sa carrière car elle vise une prolongation de contrat au PSG (fin de bail en 2022) et veut s'installer en Equipe de France. "Il a ainsi été prouvé de manière irréfutable qu'Aminata Diallo nourrissait une véritable haine à l'encontre de sa partenaire, q'elle considérait comme un obstacle à sa propre carrière sportivement" déduisent les enquêteurs de la BRB. Les premières traces d'une "profonde jalousie" de Diallo envers Hamraoui remontent trois mois avant les faits, au mois d'août. Cette dernière a aussi un sentiment d'injustice, perceptible au fil des messages whatsapp que la police a pu fouiller. "Elle ne s’est pas entraînée depuis le match de la Roma avec nous, elle revient titulaire contre le Bayern pendant que toi le temps qu’elle n’était pas là, t’as fait ce qu’il fallait !" envoie Aminata Diallo à ses proches, avant d'aller plus loin en évoquant un sombre projet potentiellement exécuté par l'un de ses amis Jaja. "Si j'étais mauvaise, jalouse et calculatrice comme elle, je lui dis : détruis là, il la détruit". Elle envoie aussi à son plus proche confident : "Je vais devenir sans scrupules maintenant ! J'ai besoin de personnes mais me niquer mon travail gratuitement, j'accepte pas.. Je leur souhaite tous du mal, je n'ai besoin de personne". Visiblement, la détermination de la native de Grenoble, renforcée par le désir d'aider sa famille financièrement, pourrait être le mobile de l'agression. C'est, du moins, la conviction de la PJ de Versailles. 

"On aurait vraiment dit qu'elle savait comment cela allait se passer"

L'agression a donc lieu dans la soirée du 4 novembre, après un restaurant au bois de Boulogne avec la totalité de l'équipe féminine du PSG. À la sortie de ce rendez-vous, Aminata Diallo reconduit Kheira Hamraoui et Sakina Karchaoui à leur domicile respectif. La conductrice décide de raccompagner, d'abord, la latérale française, alors que la future victime habite à quelques centaines de mètres du lieu de rendez-vous. "Depuis le début de cette histoire, j'ai des doutes sur le rôle joué par Aminata Diallo. Je n'ai pas compris pourquoi elle ne m'avait pas déposée en premier lors de notre retour du restaurant, alors que nous étions étions à quelques centaines de mètres de mon domicile" déclare Hamraoui aux policiers. "Je me souviens très bien que c'est Aminata qui avait insisté pour déposer Sakina avant moi. Ce qui me parait aussi après coup très bizarre, c'est que, lors de l'agression, Aminata roulait très doucement, à 5 ou 10 km/H, quand les agresseurs ont surgi devant le capot. On aurait vraiment dit qu'elle savait comment cela allait se passer". 

Par la suite, les explications de Diallo varie selon les jours et son attitude est étrange. "Elle ne comprenait pas pourquoi cette affaire devait finir devant la police. Elle trouvait que cela allait trop loin". Placée une première fois en garde à vue, une semaine après les faits, Diallo balaie les éléments de l'enquête et conduit les policiers à une autre piste : celle d'une vengeance amoureuse et la femme d'Eric Abidal, qui entretenait une relation extra-conjugale avec la joueuse du PSG. Finalement, cette piste n'est pas la bonne et les policiers jettent toujours un oeil sur Aminata Diallo. Son appartement est sonorisé, comme son véhicule et les écoutes après plusieurs mois offrent quelques détails croustillants. Avec l'une de ses connaissances, avec qui elle entretient une relation fusionnelle, elle déverse sa haine sur Hamraoui et tient des propos outranciers sur certains dirigeants du PSG. Les recherches Google de la Parisienne sont également suspectes : "casser une rotule", "cocktail de médicaments dangereux"

Lors de la soirée du 4 novembre, Diallo pianotait sur son téléphone durant le trajet et avant d'arriver au 56 rue des Cormiers à Chatou. Si aucun appel n'a été fait ce soir-là pour donner l'adresse aux agresseurs, les policiers ont fait une découverte qui a tout changé. L'application Snapchat a été supprimé des deux téléphones de la Grenobloise deux jours après le guet-apens. D'autant plus que quelques jours plus tard, grâce aux écoutes de la police, elle semble paniquer par la localisation GPS qu'offre le réseau social. "Hier j'ai regardé sur snap, tout le monde peut voir ta position, eux ils peuvent savoir ou t'étais là. (...) C'est abusé. (...) Je m'en fous parce que je n'ai rien à cacher". 

Aminata Diallo a supprimé Snapchat deux jours après le guet-apens

Après des réquisitions judiciaires auprès de Snapchat, la polie fait le tri et isole trois lignes qui quittent le Val-de-Marne à la même heure pour se déplacer à Chatou, puis font le trajet inverse à l'heure où l'agression se termine. Ces trois utilisateurs, déjà connus des services de police, ont été placés en garde à vue le 14 septembre dernier et sont passés aux aveux rapidement. D'ailleurs, l'un d'eux s'était fait saisir son téléphone pour une autre affaire, et l'adresse du lieu de l'agression avait été tapé dans l'application de guidage Waze le 4 novembre 2021, à l'heure exacte où les trois joueuses du PSG ont quitté le restaurant. 

"Elle pourra pas jouer le match de demain comme prévu"

On apprend au final que cinq personnes sont dans cette affaire : les trois jeunes arrêtés, embarqués dans cette histoire par un ami du quartier (surnommé Le Petit), et une cinquième personne dont l'identité n'a toujours pas été révélée, probablement par peur de représailles. Ce dernier pourrait être lié au grand banditisme selon Le Parisien. "Nous avons attendu, puis Le Petit a reçu un appel de l'ami de la joueuse qui disait qu'elles étaient en train de descendre de la voiture et qu'il fallait y aller" a lâché un suspect en garde à vue. "Le petit et son pote ont alors mis une cagoule puis c'est le Petit qui a pris une barre de fer et ils sont sortis en direction des joueuses (...). Cela a duré deux, trois minutes puis sils sont revenus en courant. À ce moment, l'ami de la joueuse a rappelé le Petit en lui disant que ce qu'ils avaient fait ce n'était pas assez et qu'il fallait qu'ils y retournent pour bien lui casser le genou". Un autre suspect raconte la réponse du Petit à cet appel : "Comment ça, c'est pas bien fait ? Comment ça, elle peut encore marcher ? J'ai donné un bon coup vers le genou. Normalement elle pourra pas jouer le match de demain comme prévu !"

Le Petit, âgé de 18 ans, a été interpellé le 15 septembre et avoue -par la suite- qu'il avait reçu pour mission de s'en prendre à Hamraoui pour la handicaper sportivement contre 500 euros. Les deux autres l'auraient beaucoup chargé durant le témoignage, mais visiblement ce serait le cinquième individu recherché qui aurait frappé Hamraoui selon la police. Pour le moment, personne n'a donné son identité, par crainte des représailles. L'intermédiaire, qui était au téléphone avec eux durant l'agression, n'est pas connu non plus même s'il pourrait être "un proche d'Aminata Diallo". Dans tous les cas, cette triste affaire n'a pas fini de faire parler...

Plus d'infos :