Plus de sept mois après son agression, Kheira Hamraoui sort enfin du silence. La milieu de terrain du PSG a pris son temps pour poser des mots sur ce qu'elle a vécu, le 4 novembre dernier, lorsque deux personnes l'ont frappé aux jambes avec une barre de fer. Depuis, les médias se sont emparés de cette affaire, racontant également la vie privée de la Parisienne. Mais Hamraoui est surtout revenue sur le soir de l'agression et ce qu'elle a vécu. "J'ai vécu une agression d'une violence inouïe. Deux inconnus cagoulés m'ont sortie de la voiture dans laquelle je me trouvais pour me tabasser à coups de barre de fer dans les jambes. Ce soir-là, j'ai bien cru que j'allais y rester... Je hurlais de douleur. J'ai essayé de me protéger au maximum. Cette scène, pour moi, a duré cinq minutes. C'était insoutenable. J'en garde un souvenir très douloureux, très lourd" raconte-t-elle.
Forcément, de nombreuses questions restent dans sa tête : "Je menais une vie paisible de sportive professionnelle avant cette agression, partagée entre ma famille, mes amis et le football. Aujourd'hui, je ressens principalement de l'injustice, de la colère mais aussi de la tristesse. Je n'aurais jamais dû vivre une telle situation. Beaucoup de questions me taraudent : pourquoi moi ? Pourquoi autant de violence envers ma personne ? J'ai besoin que la vérité éclate pour m'apaiser". Le plus dur était logiquement de se reconstruire après la violence des coups. "J'étais complètement hagarde, perdue, déboussolée, et dépassée par les événements. Il m'a fallu plusieurs jours pour refaire surface mais c'était la double peine pour moi. Tout juste sortie d'un épisode traumatisant, j'ai senti le poids de la machine médiatique se mettre en route, j'étais prise dans une tempête, non-stop, ça ne s'arrêtait jamais. J'ai vécu un vrai guet-apens. Ces individus m'attendaient derrière un camion. Ils étaient au bon endroit, au bon moment. Comment ont-ils pu être si bien renseignés ? C'est autant de questions sans réponse encore aujourd'hui."
Si Hamraoui prend la parole ce mercredi, cette dernière ne veut pas "parler de l'enquête judiciaire", ni du cas Eric Abidal, avec qui elle aurait eu une relation extra-conjugale. "Le sujet d'Éric Abidal n'en est pas un et n'a aucun rapport avec l'agression dont j'ai été victime. J'ai l'impression que ça a été un écran de fumée destiné à nous éloigner de la manifestation de la vérité". "Une chose est sûre, j'ai été victime d'une terrible agression. Je ne participerai pas à ce "tribunal médiatique", cela n'a pas de sens pour moi. J'ai été entendu par les enquêteurs, j'ai raconté ce que j'ai vécu. Que chacun reste à sa place. Je ne suis ni juge, ni enquêteur, ni procureur. Je fais confiance à la justice pour éclairer cette affaire. Beaucoup de pistes ont été explorées. C'est le rôle des enquêteurs".
Aujourd'hui, la Parisienne porte un regard plutôt honnête sur le traitement médiatique dont elle a été victime. "J'ai été l'objet à la fois d'une campagne de dénigrement et de déstabilisation. En réfléchissant bien, je me dis que j'ai juste été le support du moment pour tous ces gens. Il y en a eu d'autres par le passé. Demain, ils trouveront une autre cible. C'est désolant, mais en fin de compte, je ne le prends pas pour moi, même si ce n'est pas simple à vivre". Désormais, Hamraoui tente de se reconstruire et ouvre même la porte pour honorer sa dernière année de contrat avec le PSG.