RC Strasbourg - Eiji Kawashima, aux souvenirs japonais

Par Emilien Pau
5 min de lecture
Eiji Kawashima, gardien du Japon et du RC Strasbourg

Eiji Kawashima, gardien du Japon et du RC Strasbourg

Deuxième gardien du RC Strasbourg, Eiji Kawashima peut être érigé au statut de légende au Japon. Pour sa quatrième Coupe du Monde, le gardien aux 95 sélections est revenu sur son histoire avec sa sélection. 

"La veille du premier match, je tremblais"

Même s'il ne joue que rarement avec le RC Strasbourg ces dernières saisons, Eiji Kawashima (39 ans) s'est envolé pour la Qatar pour disputer sa quatrième Coupe du Monde, entrant un peu plus dans l'histoire de la sélection japonaise avec 95 sélections au compteur. Depuis 2008 et sa première contre la Corée du Nord (1-1), le portier strasbourgeois est devenu un élément fort de l'effectif nippon. Dans un entretien accordé à L'Équipe, Eiji Kawashima est revenu son premier match en sélection, avant de faire une rétrospective sur ses quatre Coupes du Monde. 

"Je n'étais pas encore titulaire, plutôt troisième gardien. Une blessure m'a permis d'être deuxième et, comme on n'a pas eu de bons résultats avant la Coupe du monde, le coach a procédé à de nombreux changements et j'ai eu la chance d'être numéro 1, à la dernière minute. (...) La veille du premier match, je tremblais. Je ne me souviens pas de ce que j'ai fait, de ma préparation. Le match contre le Paraguay (0-0, 3-5 aux t.a.b., en huitièmes) est un énorme regret. J'avais arrêté deux penalties en préparation et je n'ai pas réussi à en arrêter un lors de cette séance. Personne n'espérait qu'on fasse ça au pays, car on avait de mauvais résultats avant. Quand on est rentrés au Japon, des milliers de personnes nous attendaient à l'aéroport", s'est rappelé Eiji Kawashima.

Deux Coupe du Monde laissant un goût amer

Après une campagne 2010 close sur une élimination en huitièmes de finale, la Coupe du Monde au Brésil n'a pas été aussi réussie pour les partenaires de l'ancien gardien de Metz. Malgré une victoire en Coupe d'Asie en 2011, le Japon n'est pas parvenu à surfer sur sa vague de résultats positifs lors du plus grand rendez-vous footballistique. "Ça a été le trou noir, au Brésil (1 nul, 2 défaites). On espérait tellement mieux. Après ça, on a beaucoup réfléchi pour faire avancer le foot japonais. On était très en confiance, on avait beaucoup de bons joueurs. Peut-être a-t-on été trop sûrs de nous", a continué le gardien de 39 ans.

Arrivé en Belgique en 2010, Eiji Kawashima a fréquemment changé de club pour évoluer. Au fil des années, enchaînant les échecs, le portier a perdu sa place de titulaire en sélection. Pour autant, le gardien strasbourgeois s'est lancé un nouveau défi en arrivant à Metz en 2016. Même s'il n'était pas titulaire indiscutable en Lorraine, le portier japonais a retrouvé sa place en sélection en 2018. Une Coupe du Monde qui lui laisse un goût amer. "On peut dire qu'on a beaucoup de regrets contre la Belgique (2-3) en huitièmes de finale, puisqu'on menait 2-0, mais on a rencontré une très grande équipe. Pour moi, c'est un résultat incroyable, une source d'espoir pour le Japon. En huit ans, on a beaucoup progressé", se réjouit Eiji Kawashima.

Une place de taulier dans le vestiaire

Après une participation au premier tour de Copa America 2019, l'actuel gardien du RC Strasbourg s'est lancé dans les qualifications à la Coupe du Monde 2022 dans l'optique d'être titulaire. "Les qualifications pour la Coupe du monde 2022 ont ensuite commencé et je me suis dit : pourquoi pas ? Je suis un compétiteur. Si je ne pense pas que je peux être numéro 1, je m'arrête", s'est lancé l'ancien gardien du FC Metz.

Malgré sa place sur le banc lors de la victoire japonaise contre l'Allemagne lors de la première journée (1-2), Eiji Kawashima est toujours présent pour encadrer les plus jeunes de la sélection et apporter toute son expérience pour son probable dernier Mondial. "J'ai pris tellement de plaisir en sélection que je veux rendre un peu ce que j'ai vécu. Moi, quand j'étais jeune, je n'ai jamais écouté les vieux. Il faut juste délivrer quelques petits mots. (...) Je ne me suis pas mis dans la tête de terminer sur quelque chose de bien. La vie, ce n'est pas comme ça. Si je termine en beauté, c'est génial, mais je n'aime pas écrire l'histoire avant", a conclu le gardien de 39 ans.