Ce mardi 26 mars, l'Espagne et le Brésil se sont affrontés à l'Estadio Santiago Bernabéu de Madrid. Un match amical sur le fond de lutte contre le racisme avec, au cœur, une figure de ce combat : Vinicius Jr.
Abrité sous le toit flambant neuf à l’extérieur l’Estadio Santiago Bernabeu, Eti attend patiemment, en compagnie de sa femme, de pouvoir entrer dans l’enceinte. Tous deux vêtus du maillot jaune iconique du Brésil, le jeune couple s’apprête à assister à la rencontre de leur sélection face à l’Espagne. Une affiche de gala, trois jours seulement après celle face à l’Angleterre pour les Brésiliens (0-1). Mais celle-ci n’a rien d’une simple rencontre amicale comme c’est souvent le cas lors du mois de mars puisque les deux sélections ont décidé de placer ce match sous le thème de la lutte contre le racisme. "Je pense que c’est le bon endroit pour parler de lutte contre le racisme", lance l’homme à la barbe bien taillée et au bonnet gris vissé sur la tête. "C’est un lieu où se rassemblent beaucoup de personnes de différents pays et cultures, poursuit-il. Le stade de football est le lieu parfait pour porter ce type de message".
Dans les tuyaux depuis juin dernier, la rencontre n’a finalement été officialisée qu’en début d’année. Une date qui tombe à pic car, si le football espagnol a été quelques fois touché par le racisme ces derniers mois, les cas se sont amplifiés ces dernières semaines avec, au centre, Vinicius Jr. Que ce soit à Valence, Majorque, Valladolid ou même… Madrid, avec les supporters de l’Atletico qui l’ont insulté de "chimpanzé" en marge du huitième de finale retour de la Ligue des Champions contre l’Inter Milan, l’attaquant du Real Madrid n’a pas été épargné. Il est même devenu, malgré lui, un leader de la lutte contre les discriminations en Espagne et au Brésil. Un sujet néanmoins sensible à aborder pour le principal concerné, qui a fondu en larmes en conférence de presse la veille de Espagne-Brésil. "Je vois cela depuis longtemps et à chaque fois que cela arrive, je me sens plus triste. Et à chaque fois, j’ai moins envie de jouer", a regretté le deuxième meilleur buteur des Merengue cette saison.
L’amour du public madrilène pour Vinicius
"Vinicius est une figure active de la lutte contre le racisme, reprend Eti. Ce fut le cas de Pelé auparavant. Je me doute que ce n’est pas facile pour lui, mais pour des personnes de notre génération, il a une voix qui porte et qui rappelle que nous sommes tous égaux". Élément central de cette soirée au Bernabeu, Vinicius a été chaleureusement accueilli par le public qui a l’habitude de le soutenir sous le maillot de la Casa Blanca. Avec les couleurs de la Seleçao, la côte de popularité du numéro 7, exceptionnellement porteur du brassard de capitaine ce mardi soir, n’a pas diminué. Il a pu recevoir toute l’affection des Espagnols et Brésiliens présents au stade, en témoigne sa sortie à la 71ème minute du match sous une standing ovation, alors qu’il n’avait pas brillé au cours de la partie.
Sous le slogan "une même peau", la rencontre n’avait, en revanche, rien d’amicale. Les deux équipes se sont rendu coup pour coup, se quittant sur un match nul 3-3. 3 penaltys ont été sifflés, plusieurs joueurs se sont accrochés, dont Vinicius, et 9 cartons jaunes ont été distribués. On a connu mieux pour un match sans enjeu. Mais tant mieux pour le spectacle. Sinon, Lamine Yamal a fait le show, Endrick a marqué pour sa première au Bernabeu et Dani Olmo a fait vivre un cauchemar à Lucas Beraldo sur le deuxième but espagnol. Une fois la fin du match sifflée, les supporters des deux équipes se sont dirigés vers le métro, rejoignant les Colombiens et les Roumains qui revenaient du Wanda Metropolitano pour assister à la rencontre entre leurs pays, terminée une heure plus tôt. Une nouvelle preuve de cette richesse culturelle qui entoure la ville de Madrid et des gens qui arrivent à se rassembler autour du ballon rond.