Si elle a longtemps gardé le silence concernant cette affaire, Kheira Hamraoui prend de plus en plus la parole pour s'exprimer. Sans doute pour soigner ses plaies et blessures -tant physiques que mentales- suite à son agression en novembre dernier, mais surtout pour redorer son image qui a été salie durant de nombreux mois. Au cours d'un entretien pour Paris Match, la joueuse du PSG est revenue sur le soir de son agression, qui pourrait été commanditée, de près ou de loin, par son ancienne coéquipière Aminata Diallo. "Nous venions de terminer un dîner avec l’équipe féminine du PSG, au Chalet des îles, dans le bois de Boulogne. La soirée avait été sympa. Aminata Diallo avait insisté la veille pour nous raccompagner en voiture, déposant en premier notre camarade Sakina Karchaoui, ce qui n’était pas cohérent avec le parcours. Quelques minutes plus tard, alors que le véhicule est engagé dans une rue étroite, deux hommes cagoulés surgissent" raconte Hamraoui, avant de donner des détails de son agression. "L’un m’extirpe de l’habitacle en me tirant brutalement par la chemise. Il me traîne au sol, m’insulte. J’étais en jupe et collant, j’ai eu très peur. J’imaginais un vol, j’ai tendu mon sac, mon téléphone, ma montre. En vain. Quand il a sorti sa barre de fer, cachée sous sa veste, j’ai cru voir un grand couteau… J’étais persuadée qu’il allait me tuer. Je l’ai supplié de me laisser, mais il n’entendait rien, il visait mes jambes, tapant de toutes ses forces. Je me débattais, me protégeais avec ma main. Je me souviens de cette douleur, atroce".
Trainée dans la boue après cette affaire, puisque ses relations conjugales ont été dévoilées aux yeux de tous pour justifier, d'abord, cette agression, Kheira Hamraoui a très mal vécu cette période, notamment son retour à l'entraînement. "Très mal, j’ai beaucoup pleuré. J’ai raté l’Euro, j’ai été mise au ban pour ne pas déstabiliser l’équipe. C’est très éprouvant, je résiste en restant toujours professionnelle. Je ne me suis jamais plainte malgré mon désarroi, je ne voulais pas polluer mes équipières. Mais certaines refusaient de me passer le ballon. Jusqu’en juin, je m’entraînais chaque jour avec Aminata à qui je ne parlais plus. Terrible. D’autant plus que je n’ai jamais eu le sentiment qu’elle regrettait quelque chose".
Clairement, Kheira Hamraoui n'est pas guérie et garde encore des séquelles douloureuses aujourd'hui. "Aujourd’hui encore, je suis sonnée. J’ai perdu l’appétit et presque 6 kilos. Le jour, je crains une nouvelle agression. La nuit, j’ai le sommeil léger, agité par des cauchemars qui reviennent en boucle. Ma famille et mes amis me soutiennent, mais je vis un calvaire infernal, irréel".