Stade Rennais - Karl Toko Ekambi fracasse l'OL et ne veut jamais rejouer à Lyon !

Par Corentin Lucas
7 min de lecture
Karl Toko Ekambi, attaquant du Stade Rennais

Karl Toko Ekambi, attaquant du Stade Rennais

Dans un entretien accordé à So Foot ce mardi matin, l’attaquant du Stade Rennais, Karl Toko Ekambi, a tenu à sortir ce qui réside au plus profond de lui-même et n’a pas hésité à détruire la direction et les supporters du club auquel il appartient encore, l’Olympique Lyonnais. Du décès de son père jusqu’à son dernier match avec l’OL face à Strasbourg, le joueur retrace ses deux dernières années de galères à Lyon.

Parti en prêt de son plein gré lors du mercato hivernal sous les ordres de Bruno Genesio à Rennes, Karl Toko Ekambi revit au Roazhon Park après avoir passé l’enfer lors des deux dernières années à l’OL. C’est au cours d’une interview accordée ce matin à So Foot que l’attaquant camerounais de 30 ans a décidé d'évoquer ces fameuses années difficiles au sein des Gones pour la première fois depuis son départ. À commencer par les critiques qui n’ont cessé d’être prononcées par les journalistes et les supporters sur son manque de technicité, qui l’ont grandement surpris. “Allez voir mes stats de buts depuis le début de ma carrière, je trouve que c’est fort pour un joueur “pas technique”. Je suis passé dans énormément de clubs, j’ai rarement été remplaçant. Et j’ai eu beaucoup d’entraîneurs avec des philosophies différentes. Ils m’ont tous fait jouer, et quand on leur posait la question, ils ont tous dit que j’étais technique. Ils dirigent 30 joueurs dans leur effectif et pourtant ils me mettent dans le onze”, répond le joueur à ses détracteurs sur son style de jeu. 

“Les supporters, je m’en fous”

Son dernier match avec l’OL remonte lors de la défaite au Groupama Stadium face à Strasbourg. Sifflé et insulté par le public lyonnais après une mauvaise prestation lors de sa sortie (ce qui coûtera un geste d’énervement sur une poubelle), le joueur regrette le manque d’agissement de la part du club et le déferlement qu’il a reçu après ça. “C’est de l’énervement. On est des humains, on a des humeurs. Quand votre photo est partout dans le stade, en grand, que lorsque vous touchez un ballon vous êtes sifflé (...) On arrive devant le stade, la sécurité laisse les supporters passer et nous caillasser. Ça fait beaucoup. Si l’OL est à cette position, ce n’est pas de ma faute mais celle de tout le monde”, s’exprime l’attaquant prêté au Stade Rennais. Il s’attaque ensuite aux supporters et aux dirigeants de l’OL sur le manque de soutien qu’il a subi, “C’est surtout un manque de la part de l’institution. Les supporters, je m’en fous. Honnêtement, j’en ai rien à foutre(..)Quand certains membres du club m’envoient des lettres recommandées pour me mettre une amende, m’enlever ma prime d’éthique parce que j’ai tapé dans la poubelle… Ce n’est pas du soutien, ça”, lâche-t-il en citant implicitement le nom de Vincent Ponsot, le directeur du football à l’OL, dont le nom revient souvent dans la bouche des supporters concernant la mauvaise gestion du club. “Je ne dirais pas de nom. Ce ne sont pas des hommes. Ça montre qu’ils sont contre moi, comme les supporters. Et ce n’est pas bon pour le club. Parce que moi j’adore le club. J’adore le président. J’adore mes coéquipiers, tout se passe bien avec eux. Mais il y a des choses à changer. Je suis parti et pourtant ça ne va pas mieux”, ajoute-t-il. En effet, depuis le départ du Camerounais, la situation de l’OL n’a pas changée. Les Lyonnais pointent toujours au milieu de tableau de la Ligue 1 et la direction est toujours remise en question par les supporters.

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Une rupture avec le club qui date

L’attaquant rennais a perdu son père il y a deux ans. C’est à ce moment que le lien de confiance avec les dirigeants lyonnais a été rompu, lorsqu'il dénonce le manque d’humanité de ces derniers. En effet, “KTE” raconte la difficulté qu’il a eue pour faire son deuil dans les meilleures conditions. Le club l’a poussé à ne pas rester longtemps à l’enterrement de son père pour qu’il soit disponible lors du match qui avait lieu quatre jours plus tard. “Je n’ai même pas envie d’entrer dans les détails, mais même à cette époque-là, c’était compliqué à Lyon, hein. J’étais sifflé, on ne m’a pas laissé de jour, on m’a dit de revenir vite… J’ai dû faire un aller-retour au Cameroun en avion privé pour aller voir le corps de mon père. Vous vous rendez compte ? Je suis allé à l’enterrement à Paris, mais on ne m’a pas dit de prendre mon temps, parce qu’on avait match quatre jours plus tard. Et je n’ai jamais rien dit (...) Quand on te dit “Eh, fais vite”, tu comprends que chacun pense à lui. Et le week-end, on me critique, alors que je viens de perdre mon père quatre jours plus tôt”, se confie-t-il.

Sous contrat jusqu’en 2024, Toko-Ekambi “n’espère pas rejouer à Lyon”. Cet entretien surprend donc le monde du football, car “KTE” n’est pas du genre à se confronter à l’exercice de l’interview. C’est très simple, c’est sa première depuis son arrivée à l’OL en 2020, et elle va faire couler beaucoup d’encre…

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